Déserts médicaux : l’appel aux classes populaires

Pour résorber les déserts médicaux, les initiatives ne manquent pas. A son tour, l’institut Montaigne avance plusieurs pistes dans un rapport que s’est procuré Le Parisien/Aujourd’hui de dimanche (page 11). Dans ce document, ce groupe de réflexion d’inspiration libérale propose, par exemple, de favoriser l’intégration des étudiants issus des classes populaires de façon à "diversifier le recrutement des futurs médecins".

Selon la directrice des études de l’institut Montaigne, "seuls 8 % des médecins ont des parents ouvriers, notamment du fait du coût très élevé des études". Par conséquent, poursuit Angèle Malatre-Lansac, "si on recrutait dans les milieux défavorisés, il y a de fortes probabilités […] que ces diplômés aillent s’installer là où ils ont grandi, dans les zones urbaines difficiles, en zone rurale…"

Pour parvenir à créer cet engouement qui semble avoir fait ses preuves à l’étranger, rapporte le journal, le rapport suggère de "mettre en place des conventions avec les lycées, à l’image des conventions passées par Sciences-po avec les établissements des zones d’éducation prioritaire, et de bonifier les bourses des élèves".

Dans le même élan, l’institut Montaigne estime qu’il serait nécessaire d’augmenter le numerus clausus des facultés pour compenser le nombre de départs à la retraite des médecins. Et en vue d’attirer les nouveaux diplômés vers la médecine de ville, il propose que "la validation des études soit conditionnée à un stage en médecine générale".

Afin de favoriser la qualité des soins et des consultations, l’institut Montaigne propose également la création d’un "contrôle qualité" médical. D’après des critères d’appréciation qui restent encore à définir, chaque établissement ou professionnel se verrait "obligé de rendre public" le résultat de son travail et de ses performances.

La télémédecine pour désengorger les urgences ou encore la simplification administrative destinée à favoriser la création de maisons de santé pluridisciplinaires sont d’autres pistes abordées par l’institut, explique Le Parisien /Au­jourd’hui, "au moment même où se prépare le prochain budget de l’assurance maladie".

Clauses de désignation : Allianz dépose une question prioritaire de constitutionnalité
Récemment critiquées par l’Autorité de la concurrence, les clauses de désignation le sont également par Allianz France. Vendredi, l’assureur a annoncé qu’il avait déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à leur encontre auprès du Conseil d’Etat et de la cour d’appel de Paris.

Selon Les Echos (page 32), Allianz France, qui conteste dans le même mouvement la validité des clauses de migration, "avance plusieurs arguments pour justifier cette QPC qui porte sur l’article L.912-1 du Code de la Sécurité sociale". Selon l’assureur, cet article "méconnaît la liberté contractuelle de choisir son assureur et celle de déterminer le contenu du contrat dans lequel on s’engage".

Pour Allianz, les clauses de désignation incarnent "un monopole de fait au bénéfice des institutions de prévoyance". Pour Sylvain Coriat, directeur des assurances des personnes, "cela se fait au détriment des autres assureurs, de leurs salariés, des intermédiaires d’assurance et des entreprises qui sont forcées de rejoindre un organisme assureur qu’elles n’ont pas choisi".

Cette action, rappellent Les Echos, n’est pas la première d’Allianz France. Devant la justice, l’assureur s’est déjà plaint de la désignation de l’institution de prévoyance du groupe Mornay (devenu Klesia) pour le régime frais de santé de la branche de la pharmacie d’officine.

Frédéric Lavignette