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Déserts médicaux : inventaire des solutions

Comment endiguer la désertification médicale ? C'est à cette question fondamentale que devra répondre le groupe de travail qui vient d'être constitué au Sénat, à partir de l'observation des actions menées en régions. Et c'est le sénateur Hervé Maurey, indiquent Les Echos (page 5), "qui devra faire le tri entre toutes ces actions".

Pour motiver la venue de médecins dans les zones sous-dotées, la plus courante des initiatives consiste à "accorder des bourses aux étudiants" pour des stages, observe le quotidien. Cette démarche n'est pas toujours couronnée de succès, et les sommes allouées déterminent fortement les installations.

En Midi-Pyrénées, le conseil régional accorde une aide de 2 400 euros annuels aux étudiants de 3e cycle. Depuis 2006, seuls 46 étudiants ont demandé à en bénéficier. En Bourgogne, en revanche, cette aide s'élève à 3.700 euros en moyenne depuis 2005 : 300 étudiants l'ont acceptée.

Les élus locaux se démènent également en soignant l'accueil des futurs médecins. Pour les attirer sur leur site, ils passent parfois par des cabinets spécialisés dans le recrutement en leur promettant au besoin une prime à l'installation. La communauté de communes d'Ardennes-Rives de Meuse, dans les Ardennes, propose, par exemple, "une aide d'un montant maximal de 50.000 euros conditionnée à l'exercice effectif de la médecine sur le territoire pendant au moins trois ans".

D'autres municipalités choisissent de recruter et de salarier les praticiens. C'est le cas de La Ferté-Bernard (Sarthe) qui en fin d'année dernière a recruté deux médecins et une assistante médicale pour un budget estimé à 250 000 euros.

Dans la lutte contre la désertification médicale, les maisons de santé semblent être la solution la plus appréciée des collectivités locales, que ce soit en milieu rural ou dans certaines zones urbaines. En Midi-Pyrénées, le conseil régional cofinance depuis 2006 la création de 31 maisons de ce type. Et les conseils généraux qui proposent des aides aux internes qui réalisent leur stage dans le département espèrent souvent qu'ils s'installeront dans des maisons de santé. Dans les quartiers sensibles de Seine-Saint-Denis, la maison de santé est ainsi une réponse aux départs des médecins exerçant en cabinet. Depuis deux ans, 17 pôles ont ainsi vu le jour dans la région.

D'autres procédés sont également déployés. Un décret paru le 8 mai autorise les praticiens à effectuer de la "médecine mobile ou médecine foraine", ce qui était jusqu'alors interdit, rappellent Les Echos. Sous certaines conditions, ces médecins peuvent ouvrir des cabinets secondaires dans des zones dépourvues de professionnels. Ce sera le cas cet été à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), où des médecins "volants" en provenance du continent viendront assurer des consultations durant quelques jours de la semaine pour répondre à l'afflux de touristes.

Génériques : les raisons du recul
Si les ventes de médicaments génériques enregistrent un recul, c'est en particulier parce que les médecins les prescrivent de moins en moins. Selon une enquête du Gemme (organisme qui défend les génériques), 22% des généralistes utiliseraient la mention "non substituable" ou "NS" sur leurs ordonnances. Une mention qui empêche le pharmacien "de délivrer une version générique du médicament", expliquent Les Echos (page 4).

Ce taux est beaucoup plus élevé que celui avancé il y a quelques mois par l'assurance maladie (4%), note le quotidien économique. Selon le Gemme, "des informations négatives sur la qualité ou la sécurité des médicaments génériques" circulent depuis ces derniers mois, influençant certains médecins qui hésitent dès lors à les prescrire. Ce taux est d'ailleurs beaucoup plus élevé chez les généralistes de plus de 55 ans dont la patientèle dépasse plus de 100 consultations hebdomadaires.

Par ailleurs, les patients et les représentants de l'industrie pharmaceutique sont aussi responsables de ce recul des ventes. En effet, les premiers semblent fréquemment exiger qu'on leur délivre le médicament de marque et les seconds, via les visiteurs médicaux, tiennent un discours anti-génériques aux médecins pour limiter la baisse du chiffre d'affaires.

Frédéric Lavignette