Des traces de pesticides dans l’eau minérale

On savait l'eau du robinet non exempte de polluants, mais les Français se croyaient à l'abri en buvant de l'eau en bouteille, réputée pour sa "pureté originelle". Une étude de 60 millions de consommateurs et de la Fondation France Libertés, dévoilée hier, contredit cette certitude : l'eau minérale en bouteille n'échappe pas à la pollution.

Quarante-sept échantillons de bouteilles d'eau de différentes marques ont été analysés et 85 molécules ont été recherchées, notamment des médicaments et des perturbateurs endocriniens, que la réglementation actuelle n'oblige pas à détecter, précise Le Monde (page 7). Résultat : des traces de pesticides et de Tamoxifène®, un traitement du cancer du sein, ont été décelées dans environ 10 % des eaux en bouteille.

"Les teneurs sont certes extrêmement faibles", mais c'est "suffisant pour qu'on s'interroge sur la pureté originelle imposée par la réglementation des eaux minérales", souligne 60 millions de consommateurs, qui précise avoir procédé par deux fois à l'analyse des échantillons, après contestation des premiers résultats par les embouteilleurs.

"Pour que le Tamoxifène® arrive dans les zones protégées de captage, il faudrait que les égouts rejettent l'urine des femmes soignées et que ces eaux pénètrent jusque dans l'aquifère profond", indique, dans Le Figaro (page 11), Yves Lévi, chercheur au laboratoire santé publique et d'environnement de l'université Paris-Sud.
Par ailleurs, des résidus d'Atrazine®, un désherbant, ont été décelés dans la Cora gazeuse®, la Vittel®, la Volvic® et la Cristalline gazeuse® Pourquoi retrouve-t-on ces pesticides plus de dix ans après leur interdiction ? "Ce désherbant, soluble dans l'eau, est très persistant dans l'environnement", explique 60 millions de consommateurs.

Le directeur régional de l'Agence de l'eau du bassin Rhône-Méditerranée indique que, dans son secteur, environ "40 % des rivières sont imbibées de pesticides, essentiellement des herbicides, dont on voit bien que la durée de vie excède largement celle passée dans les champs", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 11).

Et l'eau du robinet ? 60 millions de consommateurs a réalisé des prélèvements d'eau dans trois départements : l'Ille-et-Vilaine, la Haute-Vienne et la Seine-et-Marne. Dans sept cas sur dix, l'eau contenait de deux à quatre pesticides, note Le Monde. De son côté, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) va lancer une grande campagne d'analyse des eaux embouteillées qui portera, si nécessaire sur les sources mêmes. Les résultats seront annoncés en 2014, précise Le Figaro.

Dépistage du sida : encadrer les autotests
Alors que l'utilisation des autotests de dépistage du sida n'est toujours pas autorisée dans l'Union européenne, deux instances consultatives viennent d'ouvrir la voie à leur mise sur le marché en France, souligne Le Figaro (page 11). Dans un avis rendu hier, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) estime que la commercialisation de ces tests devrait être encadrée pour éviter notamment des erreurs d'interprétation. Il s'agira, en premier lieu, de s'assurer de leur fiabilité en tenant compte du fait que l'interprétation du résultat revient à une personne non professionnelle et non expérimentée, explique Le Figaro.

Le CCNE souhaite également un renforcement du dépistage "accompagné", effectué notamment par les centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG). Il suggère dès lors que la vente des autotests dans les pharmacies soit accompagnée d'une notice d'information sur les CDAG, ainsi que la mise en place d'une ligne téléphonique gratuite.

Vendredi dernier, le Conseil national du sida (CNS), saisi par la ministre de la Santé, avait émis un avis favorable à ces tests, qui pourraient contribuer à "faire régresser l'épidémie du VIH". En France, selon les estimations, environ 30.000 personnes séropositives ignorent qu'elles sont infectées, précise Le Figaro.
John Sutton