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Des « shoots » sous surveillance

Les toxicomanes des grandes villes françaises disposeront-ils prochainement d’un lieu spécialement consacré à leurs injections veineuses ? Ce n’est pas exclu, si l’on en croit la ministre de la Santé, qui a annoncé lundi lors de la 18e Conférence internationale sur le sida, qui se termine demain à Vienne, le lancement d’une "concertation" sur ce qu’on appelle communément les "salles de shooting".

D’après Le Figaro (page 9), cette réflexion intervient dans un contexte où, malgré "la politique active de réduction des risques menée en France depuis 1987 (vente libre des seringues, programmes d’échanges, traitements de substitution), la situation reste problématique" pour bon nombre de toxicomanes. La mise en place de centres d’injection supervisés (CIS) permettrait de limiter les contaminations.

Selon une expertise rendue publique début juillet par l’Inserm, la France compterait entre 210.000 et 250.000 "usagers problématiques de drogues" (cocaïne, héroïne, amphétamines…). Pour les trois quarts, ces consommateurs sont des hommes, souvent affectés par des troubles psychiques et en difficulté sociale. Dans ce groupe, le risque de décès est cinq fois plus élevé que pour la tranche d’âge équivalente. L’étude laisse également apparaître que 60% des usagers sont touchés par l’hépatite C, 11% par le virus du sida et 8% par l’hépatite B. L’échange de seringues est le vecteur essentiel, mais pas unique, de ces contaminations.

On sait désormais que la propagation du virus régresse dès que la prise en charge des usagers de drogue s’améliore, indique Le Monde (page 4), à l’appui de sept études publiées dans le dernier numéro de la revue médicale britannique The Lancet. Aussi, ajoute Libération (page 9), "la politique répressive en place dans plusieurs pays accentue la pandémie".

Si l’Inserm recommande favorablement la création de CIS, c’est parce qu’ils permettent aux toxicomanes de s’administrer leur drogue "de façon plus sûre et plus hygiénique, sous la supervision d’un personnel qualifié". Dans les centres déjà autorisés dans huit pays étrangers (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suisse), "malgré les millions d’injections pratiquées", aucune overdose mortelle n’a été enregistrée.

Outre la réduction des risques chez les usagers, l’enjeu de ces CIS est également de taille en matière de santé publique et d’ordre public. Par ailleurs, ajoute Le Figaro, "les usagers de ces centres entreraient plus souvent ensuite dans un traitement pour leur dépendance".

Retraite : mobilisation le 7 septembre
Dernier jour pour l’examen du texte de réforme des retraites. Hier, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a entériné la mesure phare du projet gouvernemental qui fixe l’âge de départ à la retraite à 62 ans d’ici à 2018, indique Le Figaro (page 24). "Le recul parallèle de l’âge auquel le taux plein est automatiquement accordé a également été confirmé : il passera de 65 à 67 ans", ajoute le quotidien.

"Pour le reste, rapporte La Tribune (page 5), les députés n’ont amendé qu’à la marge le texte de l’exécutif, conformément au souhait d’Eric Woerth." Les éventuelles autres modifications se feront pour l’essentiel en séance publique à partir du 7 septembre.

Cette date a justement été choisie par les syndicats pour manifester leur opposition au texte. De façon unitaire, "l’ensemble des organisations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU, FO et CFE-CGC) seront donc dans la rue afin de marquer un grand coup".

Frédéric Lavignette