Des hôpitaux mieux armés contre les infections liées aux soins

En 2007, 98,8% des hôpitaux disposent d’un comité de lutte contre les infections nosocomiales, s’est félicité le 21 janvier la ministre de la Santé. L’ensemble des indicateurs présentés sont en "nette amélioration", a indiqué Roselyne Bachelot, mais des progrès peuvent encore être réalisés, notamment sur le lavage des mains.

La lutte contre les infections nosocomiales progresse. Les derniers indicateurs 2007, présentés le 21 janvier, "sont en nette amélioration", a indiqué la ministre de la Santé lors de la présentation du plan stratégique national de prévention des infections associées aux soins 2009-2012. En effet, les établissements sont de plus en plus nombreux à se mobiliser dans ce domaine et leur implication apparaît comme "bonne" ou "très bonne" dans "plus de 85% des cas", précise Roselyne Bachelot. Ainsi, en 2007, 98,8% des hôpitaux disposent d’un comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin), 93,1% bénéficient des compétences de professionnels en hygiène hospitalière et 96% ont mis en place un programme d’actions annuel.

De nouveaux indicateurs nationaux "portant sur la qualité et la sécurité de la prise en charge dans les établissements" devraient être présentés en "mars prochain", promet la ministre. Des "statistiques nationales sur la sécurité des malades" sont également annoncées pour juin et des indicateurs de mortalité début 2010.

Aux dernières estimations de 2006, la fréquence globale des infections nosocomiales est de "4,97% dans notre pays, soit une baisse de 12% par rapport à 2001", insiste la ministre. "Je rappelle que les résultats européens se situent entre 4,9% et 8,5%." Malgré cette diminution, ces infections seraient encore responsables de 3.500 décès par an. Elles frappent fréquemment des patients fragilisés, comme les personnes âgées, les bébés prématurés, les patients immunodéprimés, polytraumatisés ou grands brûlés. Au total, 30% des infections nosocomiales affectent l’appareil urinaire, les voies respiratoires, en particulier les pneumopathies (15%) et le site opératoire, lors d’interventions chirurgicales (14%).

162 hôpitaux exclus du classement
C’est justement dans le domaine de la surveillance des infections survenant dans les suites d'une intervention chirurgicale qu’émergent des mauvais élèves. Si 84,5% des établissements ayant une activité chirurgicale ou obstétricale se sont organisés pour mettre en œuvre ce dispositif (contre 60,3% en 2005), 162 ne se sont pas engagés dans une telle démarche de prévention. Ces derniers ont donc tout naturellement été exclus du classement général des hôpitaux "modèles". La ministre rappelle qu’ils étaient auparavant 300, mais admet que le chiffre actuel n’est toujours "pas pleinement satisfaisant".

Pour la directrice de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos), Annie Podeur, il est fort à parier que les établissements refusant de surveiller les infections survenant dans les suites d'une opération disparaîtront "l’année prochaine car les patients sont très réceptifs à ces indicateurs". "La transparence est le meilleur levier pour faire avancer les équipes", explique-t-elle. Enfin, pour sensibilier les professionnels de santé aux bonnes pratiques, une nouvelle journée de l'hygiène des mains sera organisée le 5 mai prochain.

Paula Ferreira