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Des « emplois d’avenir » dans le secteur médico-social

La présentation en Conseil des ministres du projet de loi pour la création de 150 000 "emplois d'avenir" par le gouvernement domine ce matin les unes des quotidiens nationaux. "Face à la crise, Hollande ressort les emplois aidés", ironise Le Figaro, tandis que Libération se réjouit au contraire que "La gauche réembauche". "Quinze ans après, le gouvernement relance la me­sure phare de l'ère Jospin", les emplois jeunes, rappelle le quotidien. "L'avenir c'est l'emploi durable", proclame pour sa part L'Humanité, qui considère la me­sure comme "une bouffée d'oxygène", mais "qui laisse entière la question d'une insertion pérenne dans l'emploi".

Le projet, qui sera le premier texte examiné par les députés en septembre, vise la création de 150.000 emplois sur trois ans, dont 100.000 en 2013. Les emplois concernés devront se concentrer "dans des activités d'avenir ou dont l'utilité sociale est avérée". Comme par exemple la filière verte, le secteur médico-social, l'aide à la personne, les filières numériques ou encore le tourisme, précise Libération (page 2). Le secteur public sera concerné et dans une moindre mesure le privé, y compris non lucratif.

A la différence des emplois jeunes de Lionel Jospin, dont ils s'inspirent, les emplois d'avenir seront réservés en "priorité" aux 16-25 ans résidant dans les zones urbaines sensibles (ZUS), peu ou non qualifiés et "rencontrant des difficultés particulières d'accès à l'emploi". Ces critères de "faible" qualification seront définis ultérieurement. Seule exception : 10 % des contrats seront réservés aux étudiants boursiers inscrits en deuxième année de licence et se destinant à l'enseignement, note Libération. Ceux-ci pourront alors postuler à un "emploi d'avenir professeur" et toucher ainsi près de 900 euros par mois, bourse comprise.

Le Figaro-économie (page 16) a recueilli les réactions des syndicats sur ces emplois d'avenir. Pour le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, "on ne règle pas le problème du chômage avec des emplois aidés". "Il faut du concret d'ici décembre, sinon il y aura des situations dramatiques pour les salariés", s'impatiente Eric Aubin, de la CGT. Quant à la CFDT, elle presse le Premier ministre d'"aller au-delà des mesures d'ur­gence" et lui demande de "réactiver fortement les dispositifs de chômage partiel, qui est un outil efficace pour éviter les destructions d'emplois". De son côté, la présidente du Medef, Laurence Parisot, juge la mesure "pas terrible". Dans un entretien au journal Le Monde (page 9), elle "regrette aussi que ce dispositif ne soit pas ouvert au secteur marchand, car cela aurait été utile pour certaines entreprises et bénéfique pour la population concernée".

Le Guen favorable aux salles de shoot
Dans une interview au Parisien/Aujourd'hui (page 11), Jean-Marie Le Guen, député socialiste et adjoint au maire de Paris chargé de la santé, demande au gouvernement d'autoriser la création de salles d'injection de drogue, afin d'assurer un meilleur suivi des toxicomanes. "Aujourd'hui il y a une urgence. La consommation d'héroïne augmente à Paris. Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs automatiques progresse au premier semestre 2012, par rapport à la même époque en 2011, et les personnels des associations trouvent davantage de seringues dans les rues, constate-t-il. C'est préoccupant."

Que faire ? "Il faudrait autoriser, comme cela se fait à l'étranger, des salles de consommation de drogue, mais de façon très encadrée", préconise Jean-Marie Le Guen. "François Hollande avait fait part, pendant la campagne présidentielle, de son intérêt pour ce genre d'expérimentation, rappelle-t-il. Je demande aujourd'hui que le gouvernement donne son accord pour la mise en œuvre de ces salles de consommation." "Il est vraiment temps que le gouvernement […] développe une politique plus ambitieuse de réduction des risques", insiste le député socialiste.
John Sutton