Dérapage des soins de ville en 2007

En 2007, les remboursements de soins médicaux ont augmenté de +4,1%, a indiqué hier la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), contre +2,4% l’année précédente. Les statistiques publiées montrent que l’objectif de dépenses (Ondam) voté par le Parlement sera dépassé de 3 milliards d’euros pour les seuls soins de ville. Pourtant, remarquent Les Echos (page 8), en 2003, 2004 et 2005, l’Ondam avait été "presque respecté". Après une année 2006 marquée par un "premier accroc" (1,2 point de dépassement), l’assurance maladie a donc "renoué l’an dernier avec les dérapages des années 2000-2002", commentent Les Echos.

Cette accélération est due en premier lieu aux dépenses de médicaments : en 2007, elles ont progressé de +4,6%, alors que le gouvernement avait tablé sur un recul de 3% ! Cette hausse s’explique, entre autre, par la prescription toujours importante de produits coûteux, tels que les anti-cancéreux.

Les dispositifs médicaux sont aussi responsables de cette situation, précise la Cnam. En 2007, les dépenses ont augmenté sur ce poste de +10,9%, contre +7,2% en 2006.

D’après Le Figaro (page 20), les arrêts de travail sont également "repartis à la hausse" (+4,4%), après une baisse en 2006. Mais, se rassure le quotidien, cette "tendance" aurait été "moins mauvaise en fin d’année".

"La Cnam trouve néanmoins des motifs de satisfaction", signalent Les Echos. A commencer par les honoraires des médecins et des dentistes qui affichent une moindre progression qu’en 2006. La baisse de l’activité des généralistes (–1,7%) explique en particulier ce ralentissement.

De son côté, Le Figaro évoque les cliniques et hôpitaux qui "semblent assez sages" (+1,7% et +2,5%). Mais, avertit aussitôt le quotidien, "dans le premier cas, le forfait de 18 euros sur certains actes techniques a limité les remboursements et, dans le second, les comptes sont loin d’être bouclés"…

Une nouvelle affaire sanitaire
"L’affaire devrait faire grand bruit", avertit Le Parisien/Aujourd’hui (page 14), en reprenant l’information publiée dès hier soir sur le site Internet de L’Express : le ministère de la Santé va alerter près de 7.500 personnes ayant effectué des examens dans cinq cabinets de radiologie des départements du Nord et de l’Aisne entre 2006 et 2007.

Cette nouvelle affaire, évoquée également par Le Figaro (page 9), fait état de contaminations possibles, d’"irrégularités dans le dépistage du cancer du sein et de manquements aux règles élémentaires d’hygiène, dont pourraient avoir été victimes des milliers de patients".

D’après Le Parisien/Aujourd’hui, de nombreuses femmes enceintes et des hommes atteints du cancer de la prostate fréquentaient ces cabinets. Sur son site, L’Express indique que "certaines femmes peuvent avoir reçu un diagnostic erroné après leur mammographie". Des patients risquent aussi, d’avoir été contaminés par des virus (sida, hépatite C...) au cours d’échographies par voie vaginale ou rectale.

Un médecin belge, exerçant dans tous ces établissements fermés depuis le 7 décembre, a été suspendu de ses fonctions pour ces graves dysfonctionnements auxquels s’ajoutent des fraudes à l’assurance maladie.

Ce matin, le ministère de la Santé annonce qu’une mission de l’inspection générale des Affaires sociales (Igas) a d’ores et déjà été diligentée sur cette affaire. Sans attendre les résultats des expertises lancées début décembre, elle s’attachera à préciser les responsabilités de chacun et à dresser le bilan des écarts aux règles.

Selon L’Express, le ministère de la Santé devrait aussi adresser un courrier à 7.500 patients ayant passé un examen dans les centres de radiologie sur les deux dernières années. Il s’agirait alors du "rappel de patients le plus important jamais effectué en France pour des cabinets de ville", relève Alain-Michel Ceretti, président de la mission d’information pour la sécurité des soins.

Frédéric Lavignette