Dépression : perspectives… optimistes ?

En 2020, la deuxième maladie la plus fréquente dans notre pays devrait être la dépression, prédit ce matin Le Figaro (page 11). Compte tenu toutefois des progrès thérapeutiques, l’avenir des quelque 5,5 millions de Français actuellement atteints de dépression pourrait être moins sombre que prévu.

Pour l’heure, indiquent deux enquêtes publiées aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), "plus d’une personne sur 12" a connu un épisode dépressif majeur (EDM) dans l’année écoulée, rapporte Libération (page 16). Pour diagnostiquer cet EDM, le classement international des maladies mentales utilise trois questions qui associent un sentiment de tristesse à un critère de durée et d’intensité, explique le quotidien.

Selon Le Figaro, même si le nombre de Français souffrant d’EDM est variable de 5 à 8% (dont 2 à 3% de formes sévères), les deux enquêtes révèlent certains aspects communs : "La dépression est deux fois plus fréquente chez les femmes, favorisées par le veuvage, le divorce, l’invalidité ou le congé maladie." Libération suppose néanmoins qu’une "sous-déclaration masculine" est à l’origine de cette différence.

Par ailleurs, signale Le Parisien/Aujourd’hui (page 10), les épisodes dépressifs majeurs "sont bien plus importants en région parisienne, où le taux de prévalence est de 11,7%". A ce titre, les quartiers classés en zone urbaine sensible sont surreprésentés dans les résultats constatés par les études.

Dans l’avenir, promet Le Figaro, un test devrait permettre d’identifier la maladie de façon précoce. Des chercheurs anglais viennent en effet de mettre au point "une petite bandelette" qui, placée sous la langue, détecterait les signes de la dépression. En matière de traitements, de nouveaux produits sont également attendus. Ces médicaments "dérivés de la mélatonine, une hormone à la réputation jadis sulfureuse, arrivent prochainement sur le marché", annonce le quotidien.

Produite par une glande du cerveau (l’épiphyse), la mélatonine est généralement secrétée lors des processus d’endormissement et de synchronisation des cycles du sommeil. Elle a permis de créer, dans les années 1990, une pilule "miracle" censée lutter contre le vieillissement, les cancers, ou encore le "jet lag". " Depuis, peu de ces effets ont été confirmés", avertit Le Figaro. Ce qui explique que les gélules vendues aux Etats-Unis aient été déconseillées par les autorités françaises.

Quand bien même, cette mauvaise réputation "est en train de changer", indique le quotidien. Des dérivés de la mélatonine tels que l’agomélatine sont actuellement élaborés par plusieurs laboratoires en vue d’être autorisés sur le marché français. En juillet 2006, l’Agence européenne de médicament (EMEA) s’était pourtant opposée à cette commercialisation.

Kiné : Dépenses sous surveillance
Un article de l’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009 provoque actuellement l’inquiétude des masseurs-kinésithérapeutes. Selon Les Echos (page 2), cet article prévoit l’accord préalable du contrôle médical de l’assurance maladie pour des actes en série. En pratique, explique le quotidien, lorsqu’un patient se fera par exemple poser une prothèse, il ne pourra se faire rembourser qu’un nombre déterminé de séances de rééducation.

Cette mesure fait écho à un souhait émis par Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la politique de santé prononcé la semaine passée : "Je souhaite que l’assurance maladie puisse proposer à la validation de la Haute Autorité de santé des référentiels de bonne pratique dans les secteurs où nous constatons de profondes divergences dans le recours aux soins, par exemple en kinésithérapie."

Particulièrement visée par cette réflexion, la profession s’inquiète. Il faut dire, soulignent Les Echos, que de grandes divergences de pratiques ont été constatées selon les régions et que les dépenses de kinésithérapie progressent plus rapidement que la moyenne des dépenses de santé : + 7,5% en 2007, soit 2,3 milliards d’euros remboursés.

Frédéric Lavignette