Dépenses de santé : reste à charge stable pour les ménages

La part des dépenses de santé qui reste à la charge des ménages après les remboursements de la Sécurité sociale et des complémentaires santé est restée stable l'an dernier (9,6%) par rapport à 2010, selon les Comptes nationaux de la santé publiés hier par la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) du ministère de la Santé. La France est toujours le pays de l'OCDE où cette part est la plus faible, après les Pays-Bas, notent Les Echos (page 4).

Si la part des ménages se maintient au même niveau qu'en 2010, elle varie fortement selon le type de dépenses. Elle est très faible à l'hôpital (3,2%), même si elle a progressé en 2010 avec l'augmentation de 16 à 18 euros du forfait hospitalier, rappelle le quotidien économique. Pour sa part, la stabilité de la contribution des ménages aux soins de ville s'expliquerait essentiellement par l'augmentation du nombre de patients admis en affections de longue durée (ALD), et donc pris en charge à 100% par la Sécurité sociale.

Revers de la médaille : les complémentaires santé sont de plus en plus sollicitées. "Leur part dans le financement des dépenses de santé a atteint 13,7% en 2011, un niveau record", soulignent Les Echos. Elle était de 13,5% en 2010. "Les complémentaires ont mieux couvert tous les domaines, les soins hospitaliers comme ceux de ville", souligne Le Figaro-économie (page 17).

"Le déremboursement de certains médicaments tend à faire augmenter la part des ménages, tandis que la meilleure prise en charge par les complémentaires des biens médicaux a l'effet inverse", détaille la commission des comptes de la santé, citée dans le supplément économique du Figaro.
A l'inverse, la part de l'assurance maladie a encore diminué, passant de 75,7% en 2010 à 75,5% en 2011. "Ce n'est que 0,2 points de moins qu'en 2010, mais 1,5 points de moins qu'en 2004", font remarquer Les Echos. La part de la Sécu recule notamment en raison d'une moins bonne prise en charge des actes lourds, explique la Drees. C'est aussi le résultat des déremboursements et de la plus faible prise en charge de certains biens médicaux.

Internes fatigués, patients en danger
Les heures de repos obligatoire des internes en médecine après une garde de nuit ne sont pas suffisamment respectées, ce qui peut mettre en danger la santé des patients, estime une enquête réalisée par leur principal syndicat, l'Isnih, dévoilée hier par Le Parisien/Aujourd'hui (pages 6 et 7) et reprise aujourd'hui dans La Croix (page 7). L'étude montre que le "repos de sécurité", instauré en 2002, n'est pas respecté par 21% des internes interrogés. Les spécialités les plus concernées sont la chirurgie, la gynécologie-obstétrique et les spécialités médicales (cardiologie, médecine physique et réadaptation…). Le repos de sécurité est "utile pour protéger patients et médecins", reconnaissent 90% des internes sondés, qui se disent "conscients des risques encourus quand ils ne le respectent pas".

Plus grave, 15% d'entre eux reconnaissent avoir commis des erreurs médicales de prescription, de diagnostic ou d'acte opératoire au lendemain d'une garde, souligne La Croix. Et plus de 39% estiment qu'ils en ont probablement commis sans l'affirmer avec certitude. Les internes travaillent "bien au-delà des 48 heures hebdomadaires puisque 85% d'entre eux dépassent le seuil réglementaire", avec une moyenne de 60 heures par semaine. Cette enquête est prise très au sérieux par la ministre de la Santé, selon La Croix. Marisol Touraine a annoncé qu'elle avait signé hier une circulaire adressée à tous les établissements de santé "pour leur rappeler leurs obligations dans le respect des droits des internes".
John Sutton