Dépenses d’assurance maladie : l’effet des franchises

Les dépenses d’assurance maladie ont été raisonnables en février, signale Le Figaro (page 22). Selon les chiffres communiqués hier par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), les remboursements ont progressé de +2,9% en février, contre +3,6% le mois précédent. Cette baisse s’explique par l’instauration des franchises médicales, les faibles épidémies et la "croissance modérée observée depuis plusieurs mois", analyse le quotidien.

D’après Les Echos (page 3), la mise en place des franchises non remboursées au 1er janvier, en particulier 50 centimes par boîte de médicament, a mécaniquement provoqué une partie de ce recul. Le rendement des franchises (80 millions d’euros en février) représente à lui seul 4 à 5% de baisse. En prenant en compte ce déremboursement, les dépenses de médicaments augmentent en réalité de 1% environ au lieu de la baisse affichée de –3,6%, poursuit le journal économique.

Une autre explication est avancée par Le Parisien/Aujourd’hui (page 14). En fin d’année dernière, juste avant la mise en place de ces franchises, de nombreux patients ont "stocké" des médicaments comprenant "qu’ils atteignaient au bout de 100 boîtes le plafond de la franchise qui est de 50 euros par an". Le but de cette démarche était de "repousser le plus tard possible cet effet franchise sur leur budget".

Selon le quotidien, si les remboursements ont donc reculé en février "c’est parce que les assurés sociaux [ont puisé] dans leurs réserves". Cette crainte des franchises pourrait également expliquer les bonds des dépenses de médicaments en fin d’année : "+6,2% en octobre, +5,3% en novembre, +5,8% en décembre...", énumère Le Parisien/Aujourd’hui.

L’euthanasie en débat
C’est aujourd’hui que le médecin traitant de Chantal Sébire doit se rendre à l’Elysée, "sans sa patiente", pour apporter son dossier médical au docteur Munnich, indique Libération (page 17). Le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions de santé doit transmettre à un collège de professionnels le dossier de cette patiente de Dijon atteinte d’une tumeur incurable. Ce collège devrait délivrer un "nouvel avis médical" et répondre ou non à la demande d’euthanasie formulée par Chantal Sébire.

Cette demande "ravive le débat sur l’euthanasie", titre en "une" Le Monde. Contrairement à ce qui se pratique dans certains pays voisins comme la Belgique ou le Luxembourg, la loi française ne permet pas, en effet, de répondre favorablement à un désir de fin de vie. Dans ce sens, l’ordonnance que vient de rendre le président du tribunal de Dijon se réfère au Code de déontologie médicale qui précise que "le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort".

Cette position a été confirmée hier par l’Ordre des médecins, indique Le Parisien/Aujourd’hui (page 8). Même si le corps médical "ne peut occulter son engagement dans les drames de la vie, dont la mort fait partie", il "ne peut toutefois agir que dans le cadre défini par la société et la loi", a expliqué l’Ordre.

En matière de fin de vie, signale Le Monde (pages 12, 18 et 19), le seul cadre légal dont dispose la France est la loi Leonetti de 2005 au lendemain de l’affaire Humbert. Ce texte permet de "laisser mourir" des malades plongés dans le coma, "par arrêt de leur alimentation ou de leur hydratation". Cette loi, estime le député socialiste de la Nièvre, Gaëtan Gorce, "a permis d’apporter une réponse à la quasi-totalité des cas auxquels sont confrontées les équipes médicales et les familles". Mais elle n’est en aucun cas une "assistance médicale directe et active à la fin de vie".

La seule option disponible reste le recours aux soins palliatifs. Hélas explique la psychologue Marie de Hennezel, dans un rapport qu’elle a remis il y a quelques semaines à la ministre de la Santé, "la France est en retard" dans ce domaine. Selon Le Figaro (page 12), son étude dénonce notamment un manque de "personnels suffisants" dans les unités de soins palliatifs.

Dans une tribune qu’il publie dans Le Monde (page 19), le médecin de Chantal Sébire, Emmanuel Debost, relève qu’"il y a urgence à légiférer sur l’euthanasie". Notamment parce que 5% des malades en fin de vie, malgré le développement des soins palliatifs, "maintiennent leur désir d’euthanasie".

Frédéric Lavignette