Dépenses d’assurance maladie : l’Ondam 2010 a été respecté

L’estimation annoncée il y a quelques jours est confirmée : l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) a bel et bien été respecté en 2010. Il avait été fixé à 162,4 milliards d’euros par le Parlement. L’an passé, les dépenses semblent même avoir été "légèrement en deçà" de cet objectif, rapporte La Tribune (page 4).

Selon le Comité d’alerte, ce résultat n’avait pas été atteint depuis 1997. Dès lors, observent Les Echos (page 3), cette "sous-consommation" médicale revêt un côté "historique". L’évolution "très modérée" des remboursements de soins de ville, surtout en fin d’année, explique en partie ce résultat, indique le comité.

Les épidémies hivernales ayant été moins fortes, les remboursements d’honoraires de généralistes ont été moins élevés, ce qui a d’ailleurs permis de compenser le "dynamisme" des indemnités journalières (arrêt maladie) et celui des soins infirmiers. Les remboursements de consultations de spécialistes ont également "faiblement progressé, tout comme les médicaments", ajoute le quotidien.

Pour ce qui est de l’hôpital, les dépenses ont dépassé de 500 millions d’euros les prévisions. Une activité sensiblement plus forte que prévu explique cet excédent, qui a néanmoins été "compensé par la mise en réserve de crédits destinés aux hôpitaux".

Pour l’année 2011, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) prévoit une hausse des dépenses de 2,9 %. Si cet objectif était respecté, le taux de progression des dépenses serait le plus faible depuis 1999. A ce titre, le Comité d’alerte doit se prononcer le 1er juin, mais Les Echos se veulent rassurants : "Au vu du rythme des dépenses depuis le 1er janvier, le risque de déclenchement d’une procédure d’alerte est quasi nul".

Dépendance : coûts variables pour les familles
A compter d’aujourd’hui, et jusqu’au 6 juin, s’ouvrent dans les 26 régions les débats publics interdépartementaux sur la dépendance. A cette occasion, La Croix (pages 2 et 3) tente d’évaluer le montant que doivent débourser les familles pour financer la dépendance d’un proche. Selon les estimations du gouvernement, écrit le quotidien, la somme moyenne atteint 1 500 euros par mois. Un chiffre qui diffère de celui estimé par les associations.

En effet, après une étude réalisée auprès de 500 adhérents, France Alzheimer considère que le reste à charge moyen s’élève à 1 000 euros, avec une forte différence entre le maintien à domicile (570 euros) et le placement en établissement (2 300 euros).

Pour l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), la moyenne des dépenses en établissement avoisine 2 200 euros. Le minimum mensuel incompressible est fixé à 1 500 euros, mais certains tarifs peuvent atteindre 5 000 euros, estime l’Igas.

Auteure d’un rapport sur la dépendance, la députée (UMP) Valérie Rosso-Debord affirme, quant à elle, que "le reste à charge tourne entre 1 500 et 1 800 euros" à domicile. En établissements de province, les familles doivent en revanche débourser entre 1 500 et 2 200 euros. A Paris, les "tarifs sont prohibitifs", observe-t-elle.

D’après La Croix, de telles disparités s’expliquent par la variabilité de la prise en charge des dépenses engendrées par la dépendance. "Si elle couvre, via l’assurance maladie, 95 % des dépenses de soins et, via l’allocation personnalisée pour l’autonomie (Apa), 83 % de la perte d’autonomie, elle ne finance que 30 % des dépenses liées à l’hébergement, l’aide sociale à l’hébergement (ASH) n’étant versée par les départements qu’aux personnes à très faibles ressources".

Frédéric Lavignette