Dépendances : les groupes de travail ministériels rendent leurs conclusions demain

Les pistes d'une réforme de la dépendance se précisent, constate Le Figaro (page 14). En effet, c'est demain que les quatre groupes de travail ministériels doivent remettre leurs conclusions à la ministre des Solidarités. Le premier groupe, animé par Annick Morel, a mis l'accent sur le manque de coordination, constaté "depuis trente ans", entre la myriade de services et de personnes susceptibles d'intervenir auprès des aînés dépendants. Les experts sollicités par Roselyne Bachelot préconisent donc un "guichet unique" pour les personnes dépendantes et leurs proches : un dispositif "pérenne", "de proximité" et "reconnu par la loi qui doit désigner une autorité responsable". Ce dernier pourrait être piloté par les agences régionales de santé (ARS) ou par les départements, responsables de la politique en matière de gérontologie.

Le rapport d'un autre groupe, celui consacré à l'accueil et l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie, suggère également de "décloisonner les secteurs sanitaire et médico-social" et d'instaurer un dispositif spécifique de coordination. Ce dernier, qui "n'a pas forcément besoin d'une nouvelle structure dédiée", pourrait s'appuyer sur une mise en réseau des acteurs, comme les maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades Alzheimer (Maia). Ou bien prendre la forme d'une structure "territorialisée", créée à partir d'institutions existantes, comme les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Une semaine sous le signe du médicament
Sept mois après l'éclatement de l'affaire du Mediator®, le ministre de la Santé s'apprête à présenter les grands axes de son projet de réforme du médicament et de la pharmacovigilance, indiquent Les Echos (page 5). Le ministère espère un passage en Conseil des ministres avant l'été. Sa réforme s'appuiera sur les différents rapports qui seront présentés tout au long de la semaine à venir. Demain l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) remettra la deuxième partie de son enquête sur le Mediator®. Mercredi, la mission d'information de l'Assemblée nationale présentera son rapport et jeudi la synthèse des six groupes de travail des Assises du médicament, orchestrée par Edouard Couty, sera remise à Xavier Bertrand.

Tout le circuit du médicament a été passé au crible, expliquent Les Echos, depuis l'autorisation de mise sur le marché (AMM) jusqu'au retrait éventuel, en passant par la promotion des laboratoires pharmaceutiques et la prescription des médecins. Le nouveau rapport de l'Igas doit envisager les moyens d'améliorer le dispositif de pharmacovigilance et de favoriser "la notification spontanée des effets indésirables, le recueil et leur évaluation". Il sera mis en ligne demain en fin de journée sur le site de l'Igas et sur ceux du ministère de la Santé et de la Documentation française. Xavier Bertrand souhaite notamment que les essais cliniques comparent non seulement les nouveaux médicaments à des placebos, mais aussi aux traitements de référence déjà utilisés.

La procédure d'AMM sera plus transparente. Les conflits d'intérêts touchant les experts travaillant à la fois pour l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et pour l'industrie pharmaceutique devraient être mieux encadrés. Depuis avril, les réunions de l'Afssaps sont filmées et les vidéos accessibles quelques jours plus tard sur Internet, rappellent Les Echos.

Une fois le médicament mis sur le marché, il faudra aussi mieux le surveiller. "Nous n'avons pas assez de signalements d'effets indésirables", observe Dominique Maraninchi, directeur général de l'Afssaps. Grâce à un décret paru le 12 juin, les patients et leurs associations peuvent désormais les signaler directement grâce à un formulaire en ligne.

Dominique Maraninchi veut aussi signer un accord avec l'assurance maladie pour multiplier les études lorsqu'un doute existe. C'est grâce aux bases de données de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) que l'Afssaps a pu suspendre récemment l'Actos®, un antidiabétique soupçonné de provoquer les cancers de la vessie. Quant aux médicaments dont le service médical rendu (SMR) est jugé insuffisant, ils seront systématiquement déremboursés, a assuré le ministre de la Santé, selon Les Echos. Le gouvernement devra aussi régler la question des prescriptions hors AMM, mises en cause depuis l'affaire du Mediator®, et de l'encadrement des visiteurs médicaux employés par les laboratoires pharmaceutiques.
John Sutton