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Dépendance : relancer le débat

Le ministre du Travail et de la Solidarité, Xavier Darcos, a proposé vendredi aux assureurs de rejoindre des groupes de travail, début 2010, afin de "faire connaître leurs propositions" sur la couverture du risque dépendance. Cette invitation, formulée en clôture des rencontres du Conseil d’orientation et de réflexion de l’assurance (Cora), constitue "une façon de relancer la réforme du 5e risque, maintes fois reportée et mise à mal par la crise financière", estiment Les Echos (page 30). Xavier Darcos s’est dit "ouvert à toutes les solutions innovantes", rapporte le quotidien économique, évoquant un "partenariat public-privé avec les assureurs". Toutefois, la solidarité nationale devra demeurer "la première source de financement" a-t-il ajouté. Et de poursuivre, notent Les Echos : "il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités, notamment en terme d’ouverture de places en maison de retraite".

Pour le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), Bernard Spitz, les assureurs devraient être "capables d’apporter leur contribution de façon décisive" à cette réflexion. Certains participants ces rencontres craignent, pour leur part, un "énième report d’une réforme difficile mais nécessaire", rappelant que des groupes de travail "s’étaient tenus en 2008 et avaient débouché sur un projet quasi-ficelé".

"Sécu" : le poids des exonérations
Le déficit prévisionnel en 2010 pour la Sécurité sociale aurait pu être comblé par les cotisations versées par les entreprises. Seulement, signale La Tribune (page 4), il en sera tout autrement. Selon ce quotidien, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) vient en effet d’annoncer que les exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises ont atteint 30,7 milliards d’euros en 2008, "soit autant que le déficit record prévu" en 2010.

Depuis 1990, le montant de ces exonérations ne cesse d’augmenter tant elles sont "nombreuses et variés". Entre 1999 et 2007, elles ont notamment plus que doublé sur les bas salaires, signale L’Humanité (page 6). Ce que confirme Le Figaro (page 23) en indiquant que les exonérations concernent désormais l’apprentissage, l’emploi à domicile, les contrats aidés, les zones franches urbaines, les heures supplémentaires ou encore le rachat de jours RTT. Mais ces aides "n’empêchent pas pour autant la France de continuer à afficher un taux de chômage toujours très élevé", constate Le Figaro.

Pour les syndicats, ces allégements généraux constituent des "trappes à bas salaires". De plus, poursuit L’Humanité, une étude de la Dares de 2008 révèle que ces allégements ralentissent la mobilité salariale des travailleurs à bas salaire présents dans l’entreprise depuis au moins trois ans.

Frédéric Lavignette