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Dépendance : organiser le maintien à domicile

Le Dr Amar Haddad est gériatre à l’hôpital de Romilly-sur-Seine (Aube) et membre du réseau des experts de Priorité santé mutualiste. Ce praticien hospitalier répond à nos questions sur les causes de dépendance des personnes âgées et les conditions de leur maintien à domicile.

Quels sont les signes qui montrent qu’une personne âgée est en perte d’autonomie ?
Dr Amar Haddad – La perte d’autonomie peut être physique : la personne n’arrive pas à accomplir les gestes de la vie quotidienne. Il faut se poser des questions face à quelqu’un qui ne peut plus faire sa toilette, qui n’arrive pas à s’habiller ou rencontre des difficultés à se déplacer ou à effectuer ses démarches administratives. Il existe aussi des causes d’origine mentale. C’est le cas, par exemple, des personnes âgées dépressives : elles ne veulent plus rien faire et restent alitées.

Peut-on agir pour éviter ou retarder l’apparition de cette dépendance et permettre à la personne âgée de rester chez elle ?
Dr A. H. – La prévention joue un rôle important dans le maintien de l’autonomie. Une activité physique régulière, une bonne alimentation, des relations sociales, des activités cognitives vont contribuer à éviter la dépendance. Tout comme un bon suivi médical. Par exemple, un contrôle régulier de la vue améliore la qualité de vie de la personne âgée et diminue le risque de chute. L’aménagement du logement fait également partie de cette prévention. Si une personne n’arrive plus à monter les escaliers, il faut envisager un déménagement de sa chambre au rez-de-chaussée.

En cas de perte d’autonomie, qui doit agir ?
Dr A. H. – Il y a des personnes qui ne se rendent pas compte de leur dépendance parce que leur état mental est altéré. A titre d’exemple, un patient atteint de démence n’est pas demandeur, c’est certainement l’entourage qui va intervenir. De manière générale, une personne âgée qui a un problème va se plaindre à ses enfants ou à son conjoint. Cette personne, l’aidant, va alors évaluer le besoin. S’il s’agit juste de lui frotter un peu le dos ou de l’aider à mettre sa veste ou son pull, il pourra le faire. Mais s’il faut aller plus loin ou s’il n’y a pas d’aidant présent en permanence – si la personne vit seule, par exemple –, alors il faut mettre en place le service d’une auxiliaire de vie.

A qui l’entourage doit-il s’adresser ?
Dr A. H. – Le conjoint ou les enfants peuvent en parler au médecin traitant de la personne âgée. Le parcours universitaire des généralistes comprend une formation à la gérontologie. Ils peuvent également prendre un rendez-vous pour leur patient au service de gériatrie de l’hôpital. Cette consultation permet tout d’abord de faire un bilan, afin d’établir les besoins du patient et la charge de l’aidant. Si la personne vit seule et qu’elle n’arrive plus à faire sa toilette, elle a besoin qu’une auxiliaire de vie passe le matin.
Le plan d’aide peut être plus lourd. C’est le cas lorsque la personne n’arrive plus à se déplacer. Il peut comprendre un service de soins à domicile et faire intervenir une infirmière, un kinésithérapeute ou une orthophoniste, en plus de l’aide à domicile. L’allocation personnalisée d’autonomie (Apa) permet d’assumer ces frais.

Comment obtient-on cette aide ?
Dr A. H. – La consultation en gériatrie sert également à orienter les familles. L’Apa peut être demandée par le médecin ou par la famille. Pour accomplir les démarches, nous orientons les proches vers le centre local d’information et de coordination (Clic). Là, ils disposent d’un accueil, d’un coordonnateur et de professionnels sociaux et médico-sociaux qui se chargent du dossier de demande d’Apa auprès du conseil général. Ceux-ci peuvent également les informer sur les activités locales, tels que les ateliers mémoire, et les aider à obtenir une aide du centre communal d’action sociale.

Propos recueillis par Frédéric Constans