Dépendance : « Un enjeu considérable pour la Mutualité »

"La dépendance est un enjeu considérable pour la Mu­tualité", car "c'est une question de dignité, comme l'a indiqué le président de la République", a déclaré hier Etienne Caniard sur BFM TV et BFM Radio.

Vous allez rencontrer aujourd'hui Roselyne Bachelot dans le cadre de la consultation sur la réforme de la dépendance qu'allez-vous lui dire ?, l'a interrogé la journaliste Hedwige Chevrillon. "Il s'agit de permettre à chaque Français de terminer sa vie dans les meilleures conditions possibles. Nous ne sommes pas simplement face à un problème de solvabilité pour accéder à des lieux d'hébergement. Nous sommes aussi dans une phase préalable, qui laisse une grande part à la prévention, au développement des services à la personne et ce, de manière très progressive depuis les premiers signes d'apparition de la dépendance", a expliqué le président de la Mutualité Française. Grâce à son offre de soins et à ses nombreux services destinés aux personnes âgées, ajoute-t-il, la Mutualité a toute sa place dans le cadre d'un partenariat public/privé dans le domaine de la dépendance.

Quelles sont vos propositions pour son financement : une assurance obligatoire ou la création d'un nouvel impôt ? "Il faut évidemment poser la question de l'obligation d'assurance, sans le faire au détriment de l'intervention publique, estime Etienne Caniard. Nous disons oui à un partenariat public/privé pour le financement de la dépendance, mais nous souhaitons que les complémentaires santé soient considérées comme un véritable partenaire et non pas comme une variable d'ajustement financière, comme c'est actuellement le cas dans le domaine de la santé."

En outre, la question n'est pas uniquement financière. Pour le président de la Mutualité, "l'enjeu est d'apporter une réponse appropriée au phénomène de la dépendance", la difficulté étant de mettre en œuvre des collaborations par nature complexes, de proposer des services à des personnes qui ont des besoins différents, liés à leurs conditions de vie, de logement, d'environnement... "Cela représente une ingénierie sociale extrêmement complexe." "Les atouts de la Mutualité dans ce do­maine sont essentiels. Nous essaierons de faire partager cette expérience à Madame la ministre tout à l'heure...", ajoute Etienne Caniard.

"Vous avez été membre de la Haute Autorité de santé, en charge de l'information médicale, à ce titre, avez-vous été informé des effets nocifs du Mediator® ?", l'interroge ensuite la journaliste de BFM. "La HAS a eu à se prononcer deux fois sur le Mediator®, dans le cadre de la commission de la transparence, précise-t-il. Elle a été très claire en indiquant que le service médical rendu (SMR) de ce médicament était faible." Le président de la Mutualité estime que "dans le cas du Mediator®, la plupart des effets secondaires sont arrivés parce que ce médicament a été prescrit en dehors des indications fixées dans le cadre de l'autorisation de mise sur le marché (AMM)". Pour lui, "l'information directe des laboratoires en direction des patients a également joué un rôle dans son utilisation comme coupe-faim". La Mutualité Française, comme d'ailleurs la HAS, a toujours été très réticente au développement de l'information directe des laboratoires vers les patients, "car cela crée une demande à laquelle les médecins ne sont pas en mesure de résister".

Quid, enfin, du démarrage du dossier médical personnel (DMP) ? "C'est un enjeu très important pour notre système de santé. Il faut mettre en place rapidement des DMP pour que les médecins et les patients s'y habituent. Le malade est unique, mais les intervenants sanitaires sont multiples, d'où l'importance de faciliter les échanges entre les médecins. »

Médecins : le gouvernement aux petits soins
A l'occasion d'un déplacement, jeudi prochain, sur le thème de la médecine de proximité, le ministre de la Santé devrait annoncer plusieurs mesures en faveur des médecins libéraux, selon le quotidien La Croix (page 6). "L'heure n'est plus forcément aux grandes lois, [...] en fin de quinquennat. Il y aura des mesures rapides, des textes courts d'application immédiate", a promis Xavier Bertrand dans un entretien paru le mois dernier dans Le Quotidien du médecin. Le ministre devrait notamment prendre des décisions pour faire la "chasse à la paperasse inutile" et redonner du "temps médical" aux praticiens. "C'est un premier pas qui va dans le bon sens. Les contraintes administratives imposées par l'assurance maladie sont en effet devenues délirantes", approuve sans surprise Michel Chassang, président de la CSMF, principal syndicat des médecins libéraux. "Sinon, les généralistes ont déjà décroché leurs étrennes, avec le passage, ce 1er janvier, de la consultation de 22 à 23 €", remarque ironiquement La Croix.
John Sutton