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Dépendance : Nicolas Sarkozy veut « inciter les Français à puiser dans leurs économies »

Pour financer la dépendance, l'Elysée vient d'ouvrir une nouvelle piste. Comme l'annonce Le Monde (page 12), Nicolas Sarkozy va "inciter les Français à puiser dans leurs économies", et plus particulièrement dans l'assurance-vie. D'après le quotidien, "l'idée consiste à faciliter la transformation de l'assurance-vie, produit d'épargne favori des Français, en rente viagère". Cette adaptation est actuellement possible mais peu de personnes y ont recours par peur de perdre leur capital en cas de décès prématuré. Aussi, envisage-t-on un nouveau mécanisme qui permettrait de reverser les fonds en cas de mort prématuré. Dans ce cas-là, précise Le Monde, "les Français feraient l'arbitrage eux-mêmes entre subvenir à leurs besoins lorsqu'ils vieillissent en consommant leurs économies ou transmettre un héritage".

D'après Les Echos (page 4), le principal avantage de cette mesure est qu'"elle ne coûte rien aux finances publiques, l'avantage fiscal existant déjà". De surcroît, elle constitue une réserve de plus d'un milliard d'euros par an, ce qui satisfait l'exécutif.

Néanmoins, cette idée "ne résout en rien la question du financement de la réforme", admet-on au sein du gouvernement. En effet, indique le quotidien économique, même si l'Elysée se contente d'une réforme a minima, il faudra financer l'inévitable montée "naturelle" de l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa) directement liée à la croissance de la population dépendante.

D'autres pistes de financement semblent pour l'heure écartées. Le recours à une assurance privée obligatoire, par exemple, est rejeté par le chef de l'Etat. Une augmentation de la CSG des retraités est également exclue. Selon Le Monde, le président de la République ne souhaite pas "froisser les plus de 65 ans" à l'approche de l'élection présidentielle. Enfin, il n'y aura pas non plus de seconde journée de solidarité. Une nouvelle idée est actuellement à l'étude. Elle consiste à "s'attaquer à des niches fiscales sur le patrimoine et le capital", signalent Les Echos.

Quoi qu'il en soit, une synthèse des débats sera effectuée le 30 juin par la mi­nistre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot. Les premières mesures seront examinées l'automne prochain, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Une facture santé de plus en plus élevée
Dans un dossier d'une vingtaine de pages, le magazine Capital (pages 68 à 90) analyse la "facture santé" des Français. Avec le temps, indique le mensuel, celle-ci atteint de plus en plus le porte-monnaie de nos concitoyens. Tant et si bien que, selon une récente enquête, près d'un quart des personnes interrogées aurait renoncé à des soins en 2010 pour des raisons financières, soit deux fois plus que l'année précédente.

La hausse du prix des soins, liée en partie aux nouveaux traitements et aux nouvelles techniques de pointe, n'est pas la seule en cause. Depuis la mise en place de la tarification à l'activité (T2A), les tarifs de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont, par exemple, augmenté en moyenne de 60%.

Les médecins spécialistes inscrits en secteur 2 ont également leur grande part de responsabilité dans l'augmentation des frais médicaux des ménages. L'an dernier, leurs dépassements d'honoraires ont atteint 2 milliards d'euros, c'est-à-dire deux fois plus qu'il y a vingt ans, et cela, sans une meilleure qualité des soins… A cela s'ajoutent la mise en place de plusieurs franchises et la diminution du taux de remboursement d'un certain nombre de médicaments et d'actes par la Sécurité sociale.

Par exemple, les Français qui ne devaient rien débourser pour une fibroscopie, doivent maintenant régler 20% de la note. Comme l'indique le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, la baisse des remboursements à l'hôpital est d'ailleurs "bien plus rapide que celle des soins de ville !".

Selon Capital, "la pilule est d'autant plus amère pour les patients qu'en moyenne les deux tiers des dépassements restent à leur charge, après intervention des complémentaires".

Mediator® : première estimation des coûts
La facture est salée. Selon une étude réalisée par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) que révèle Le Figaro (page 9), "le Mediator® a coûté 1,2 milliard d'euros à la collectivité, dont 879 millions d'euros pour le seul remboursement des boîtes".

D'après le document, il apparaît que les ventes de ce médicament, responsable de la mort de 500 à 2.000 personnes, ont "constamment et régulièrement augmenté de 1983 à 2005 pour ensuite progressivement diminuer". Alors qu'il s'en vendait 1,454 million de boîtes en 1983, sa commercialisation a atteint des sommets en 2005 avec 9,152 millions.

L'assurance maladie a aussi évalué le coût de la prise en charge des complications liées au médicament. Il s'élève à 315 millions d'euros. "Cette estimation part du principe que 1 750 patients ont subi une intervention chirurgicale", explique Le Figaro. Pour le moment, les coûts occasionnés par les consultations, les échographies, les arrêts de travail et les primes d'invalidité n'ont pas été estimés.

A ces montants, "si l'on rajoute les remboursements effectués par les mutuelles durant trente-trois ans, soit entre 250 et 300 millions d'euros, la facture pour la collectivité s'élève à près de 1,5 milliard", estime Le Figaro.
Frédéric Lavignette