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Dépendance : Etienne Caniard et Roselyne Bachelot engagent le débat

Dans un échange organisé par La Vie (pages 28 à 30), la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, et le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, débattent longuement de la réforme de la dépendance, chantier lancé par le chef de l'Etat en début d'année.

Au coeur du problème figure la question de son financement. Actuellement, indique Roselyne Bachelot, "la dépendance coûte 30 milliards d'euros, dont 24 milliards payés par la solidarité nationale et 7 par les familles". Pour la ministre, cette répartition est "globalement satisfaisante". Aussi, elle estime que ce modèle doit être maintenu.

Pour Etienne Caniard, la part respective des dépenses est difficile à évaluer. "Notre estimation à nous, mutuelles, tourne plutôt autour de 10 milliards", nuance-t-il, avant d'observer que la question de l'efficacité et de la qualité des services et des soins est tout aussi essentielle que celle du financement.

Sur ce registre, la ministre des Solidarités évoque la possibilité d'une "solution plurielle". L'idée d'une assurance individuelle obligatoire semble d'ores et déjà écartée, car elle "ne recueille pas un franc succès", dit-elle. Ce qui se dessine actuellement est le maintien d'un "socle public massif", une "solution qui convient tout à fait à l'esprit de la Mutualité", souligne son président.

Pour Etienne Caniard, "le financement de la dépendance doit être basé sur des principes de solidarité et d'universalité". "La dépendance n'est pas un débat d'assureurs, d'actuaires, c'est un débat d'acteurs de terrain", estime-t-il. Une seule réponse assurantielle ne permettrait pas de "peser sur l'organisation de l'offre de services, ni de développer la prévention, pourtant centrale pour l'équilibre des comptes".

La piste d'une seconde journée de la solidarité est-elle envisagée ?, interroge La Vie. Cette option est possible, indique la ministre, à condition de mettre à contribution les professions libérales et tous les non-salariés, ce qui n'est pas le cas actuellement. Le recours sur succession ? "Il est massivement rejeté par les Français", constate-t-elle. Ce serait une "double peine", juge Etienne Caniard. Non seulement la personne termine sa vie en grande difficulté, et en plus "elle ne peut pas transmettre ses biens". De surcroît, il lui paraît "injuste" de pénaliser les aidants qui ont dépensé du temps et de l'énergie en amputant ou supprimant leur héritage. Dès lors, le président de la Mutualité Française plaide "pour une taxation des successions qui permettrait de faire porter l'effort sur l'ensemble du patrimoine d'une génération et pas seulement sur ceux qui sont dépendants".

Quelles que soient les solutions retenues, l'une des priorités est de réduire le "reste à charge", estiment conjointement la ministre des Solidarités et le président de la Mutualité Française. En moyenne, avance Roselyne Bachelot, les dépenses qui sont payées par la personne dépendante et sa famille s'élèvent à 1.540 euros par mois. En région parisienne, cette part peut atteindre 2.500 euros !

Pour la ministre, il est aussi nécessaire de soutenir les aidants. Pour cela, pourquoi ne pas créer des structures de répit pour qu'elles se ressourcent ? "Nous devons faire beaucoup d'efforts sur les prises en charge intermédiaires entre le domicile et l'établissement", ajoute Etienne Caniard.

Enfin, la troisième priorité pour Roselyne Bachelot est de "régler les difficultés financières d'une quinzaine de départements qui comptent beaucoup de personnes âgées et disposent de faibles ressources". Ce matin justement, lors des Assises de l'autonomie qui se tiennent à l'Assemblée nationale, l'Association des départements de France (ADF) doit présenter un rapport contenant 55 propositions sur cette réforme. Comme le rappellent Les Echos (page 5), c'est aux départements qu'il revient en effet de gérer l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa). Aussi, l'ADF défend-elle, entre autres, l'idée d'imposer par la loi une juste répartition "à 50/50" du financement de l'Apa entre Etat et départements.

Menace de déremboursement pour le Multaq®
Après six mois de commercialisation, le Multaq®, remboursé à 65 % par la Sécurité sociale, pourrait connaître un sacré revers. En effet, la commission de la transparence chargée d'évaluer l'intérêt médical des médicaments a rendu un projet d'avis défavorable à l'encontre de ce médicament prescrit contre les troubles du cœur. Motif invoqué : son service médical rendu serait insuffisant.

Cette réévaluation "fait suite à deux cas d'insuffisance hépatique aiguë, rapportés en janvier chez des patientes traitées au Multaq® aux Etats-Unis et en Allemagne, sans qu'aucun lien de causalité ait pu être établi", indique La Tribune (page 9).

Dès les premières alertes, le laboratoire avait modifié la notice de son produit en y ajoutant des mises en garde. Mais il fait toujours l'objet d'une "réévaluation de son profil bénéfice/risque" par l'Agence européenne du médicament.
Frédéric Lavignette