Dépassements : reprise des négociations

Les négociations sur les dépassements d'honoraires des médecins reprennent le lundi 22 octobre. "Je souhaite que l'on parvienne à un bon accord. Si on y parvient pas, ou si l'accord n'est pas satisfaisant, je proposerai une loi au Parlement", a prévenu la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine.

Syndicats de médecins, complémentaires santé et assurance maladie reprennent ce soir les négociations sur les dépassements d’honoraires. Cette réunion suffira-t-elle pour trouver un accord ? Rien n’est moins sûr. Comme l’a indiqué la ministre de la Santé au début des négociations et rappelé dimanche dans un entretien à Nice matin (pages 14 et 15), "je souhaite que l’on parvienne à un bon accord. Si on n’y parvient pas, ou si l’accord n’est pas satisfaisant, je proposerai une loi au Parlement". "Un texte de loi est prêt", selon Le Parisien/ Aujourd’hui (page 6).

Il prévoirait de "sanctionner les dépassements abusifs". "Le compromis ou la loi ?", a résumé dans une formule Jean-Pierre Elkabbach, ce matin sur Europe 1. "J’espère que nous sommes plus près du compromis, a répondu Etienne Caniard, car les Français renoncent de plus en plus à se faire soigner." Dialoguant avec Michel Chassang, le président de la CSMF, également invité d’Europe 1, le président de la Mutualité Française s’est déclaré favorable à une "revalorisation des tarifs des médecins, tout en ayant à l’esprit l’accès aux soins". "Nous devons mettre fin à ce système qui pénalise les malades", a-t-il affirmé.

"Qu’est-ce que le président de la République vous a promis au congrès de la Mutualité à Nice ?", a demandé Jean-Pierre Elkkabach. "Il m’a dit qu’il y aurait une loi, s’il n’y avait pas d’accord », a répondu Etienne Caniard. "Le président de la République a été très pugnace hier à Nice", souligne Le Journal du dimanche (page 21). "De quoi séduire le président de la Mutualité, Etienne Caniard, qui s’était inquiété jeudi que l’accord aboutisse à la stabilisation des dépassements d’honoraires, pas à leur réduction", commente Le Monde de dimanche/lundi (page 8).

Une mutuelle pour tous en 2017
Le président de la République s’est engagé samedi, lors de la clôture du congrès de la Mutualité Française, à généraliser, d’ici à la fin de son quinquennat, l’accès "à une couverture complémentaire de qualité", rapportent Les Echos (page 4). Une volonté saluée, ce matin sur Europe 1 et hier sur RMC, par Etienne Caniard : "C’est la première fois que les pouvoirs publics prennent conscience que l’on ne peut plus avoir accès aux soins quand on n’a pas de mutuelle. La Sécurité sociale ne suffit plus." "Aujourd’hui, il faut intégrer une bonne fois pour toute l’accès à une complémentaire santé dans un dispositif global de protection sociale", a commenté le président de la Mutualité Française, hier matin au micro de France Inter.

"François Hollande n’a pas clôturé le congrès de la Mutualité Française à Nice par tradition, par rite, par habitude et encore moins par obligation", souligne Le Figaro-économie (page 22). En effet, à cette occasion, le chef de l’Etat a réaffirmé son engagement de campagne « d’agir sur les mécanismes de couverture de la dépense, mais aussi sur l’organisation de notre système de soins".

Sa priorité ? "L’accès de tous aux soins", en accordant notamment plus de place aux mutuelles, qui "assurent la plus grande partie des soins engagés par les patients" (Le Figaro-économie). Comme le remarque L’Humanité (page 7), François Hollande a été ovationné à Nice lorsqu’il a posé les jalons d’une "nouvelle politique de santé".

Par ailleurs, le chef de l’Etat a annoncé une vaste remise à plat des aides fiscales et sociales qui concernent le secteur, notent Les Echos. Les 4 milliards d’euros d’exonérations de cotisations, dont bénéficient les entreprises dans le cadre des contrats collectifs sont visés. "Ceux qui en profitent sont plutôt des cadres de grandes entreprises que des salariés à temps partiel, estime-t-il. Quant aux chômeurs et aux retraités, ils ont les plus grandes difficultés à s’offrir une complémentaire", a expliqué le chef de l’Etat.

Le président de la République entend aussi s’attaquer aux déserts médicaux, souligne Le Figaro-économie. "Aucun Français ne doit se trouver à plus de trente minutes de soins d’urgence, a-t-il assuré. Aucun instrument financier, si ingénieux soit-il, ne saurait remplacer une stratégie sanitaire." Pour respecter cet engagement, il souhaite développer les maisons médicales et valoriser les médecins traitants, notamment ceux "qui s’installent dans les lieux les plus difficiles", note Le Figaro-économie. Une loi de santé publique sera présentée en 2013. Elle sera centrée sur la prévention des jeunes, et devrait "mettre fin aux cloisonnements et aux compartiments de la prise en charge des malades".
John Sutton