Dépassements d’honoraires : une « pratique injustifiable »

Dans un entretien à l’hebdomadaire Impact médecine (page 8), le président de la Mutualité française évoque une étape importante de Priorité santé mutualiste : son démarrage en avril dans deux régions, la Bretagne et le Languedoc-Roussillon. "Les adhérents atteints de pathologies lourdes (cancers, maladies cardiovasculaires, addictions) pourront bénéficier d’un accès, via une plateforme téléphonique, à des informations fiables et d’une orientation vers des établissements qui respectent les critères de qualité", explique Jean-Pierre Davant. Priorité santé mutualiste développera aussi "des actions de prévention et [s’appuiera] sur des réseaux de proximité, tels que les réseaux de services de soins et d’accompagnement ou le réseau de service de prévention". Interrogé sur le "bouclier sanitaire", Jean-Pierre Davant estime qu’il "peut conduire les patients des classes moyennes à renoncer à cotiser à une mutuelle, puis à différer leur entrée dans le système de soins. "Avant d’ajouter : En Allemagne, le bouclier sanitaire fonctionne car les tarifs médicaux sont tous opposables, de même qu’en Belgique. Or ce n’est pas le cas en France, où la réforme de 2004 a encore un peu plus brouillé les cartes des tarifs des médecins".

L’essentiel est tout d’abord de régler l’épineuse question des dépassements d’honoraires. Dans L’Humanité (page 4), Jean-Pierre Davant estime que "les dépassements d’honoraires sont une pratique injustifiable" et "constituent un frein réel à l’accès aux soins". "Chaque jour des adhérents écrivent à la Mutualité française pour dire qu’ils sont confrontés à des dépassements d’honoraires dans le public comme dans le privé", indique-t-il. "Le problème aujourd’hui, c’est que la puissance publique n’est pas en situation de réguler économiquement le dispositif", déplore-t-il. "Il faut qu’on rémunère les médecins autrement. Il est grand temps que l’Etat prenne ses responsabilités".

La création d’un secteur optionnel permettra-t-elle de changer cette situation ?, interroge Impact médecine. Rappelons que ce secteur permettrait aux médecins de secteur 1 de pratiquer des compléments de rémunération encadrés sur une partie de leur activité. Réponse du président de la Mutualité française : "Si les patients doivent payer plus, alors ils ont le droit de savoir quels sont les services offerts en contrepartie de cet effort contributif". Pour Jean-Pierre Davant, "les discussions [sur le secteur optionnel] doivent aboutir à des mesures justes, permettant à tout le monde de bénéficier de soins de qualité et mettre un terme à la dérive économique du système".

Lancement d’un plan "santé jeunes"
"La consommation de drogues, les nouvelles formes d’alcoolisation, le taux de suicide important ou encore les troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie sont de nombreux indicateurs inquiétants chez les jeunes", a déclaré hier Roselyne Bachelot en présentant son plan "santé jeunes". Principale mesure : une consultation annuelle gratuite chez un médecin généraliste pour les 16/25 ans, indique Le Figaro (page 11). Elle sera appliquée dès 2009. La ministre de la Santé prévoit également de relever l’âge limite de la vente d’alcool à emporter à 18 ans, au lieu de 16 ans actuellement. Le plan reprend aussi les annonces faites au début du mois, visant à supprimer la publicité pour certains produits alimentaires en marge des émissions pour enfants, note Libération (page 16). Enfin, Roselyne Bachelot s’engage à ce que chaque département compte une "maison des adolescents" d’ici à 2010. Il n’en existe aujourd’hui qu’une petite vingtaine, alors que ces structures ont prouvé leur efficacité, relève La Croix (page 8).

John Sutton