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Dépassements d’honoraires : fortes disparités selon les villes

Comment se retrouver dans le maquis des dépassements d’honoraires ? Le Journal du dimanche (pages 12 et 13) a dessiné la carte de France des dépassements. A partir du site Internet de la Cnam, qui publie depuis le 30 juillet le tarif "habituel" des consultations, l’hebdomadaire a réalisé une estimation des prix des consultations par département et par spécialité (lejdd.fr).

Ce classement souligne des disparités très fortes selon les villes. Ainsi, le tarif moyen d’une consultation d’un dermatologue de secteur 2 est de 92 euros à Neuilly-sur-Seine, trois fois plus cher qu’à Cholet ! Le JDD constate une véritable "exception parisienne", avec des tarifs très élevés (près de 70 euros pour un ophtalmologue) et dans la banlieue ouest (Levallois, Boulogne, ...). La présence d’une clientèle aisée n’explique pas tout. Ainsi les tarifs des dermatologues sont relativement limités à Toulouse (33,80 euros) et à Bordeaux (37,20 euros), alors qu’ils sont élevés à Grenoble et à Strasbourg (47 euros).

De même, certains spécialistes exerçant dans des villes moyennes pratiquent des tarifs élevés : c’est notamment le cas à Besançon, Lorient, Poitiers, Troyes ou Sarcelles. Enfin, souligne l’hebdomadaire, certains spécialistes sont plus "gourmands" que d’autres. Ainsi, 16% des dermatologues facturent la consultation 56 euros et plus (le double du tarif de la "Sécu"), contre 13,7% des ophtalmologues et 8,5% des pédiatres. Les tarifs des principales interventions de chirurgie, d’anesthésie et d’obstétrique seront bientôt en ligne sur le site Internet de la Cnam. Reste à savoir si la transparence suffira à modérer les honoraires, s’interroge Le JDD. "La concurrence fait baisser les prix", affirme Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). Elle "ne peut jouer que si l’offre est importante. Or, la France manque de médecins", tempère la Mutualité française.

Le secteur optionnel permettra-t-il de limiter le dérapage des dépassements d’honoraires ? Ce dispositif sera réservé dans un premier temps aux médecins du secteur 2 exerçant en chirurgie, anesthésie et obstétrique, qui s’engageraient à réaliser 30% de leurs actes au tarif opposable, notamment pour les patients en situation de précarité. Pour le reste, les dépassements d’honoraires seraient plafonnés à 50% du tarif de la Sécurité sociale. En contrepartie, l’assurance maladie financerait une partie des charges sociales des médecins.

Reste à résoudre les questions financières. "La réforme doit se faire à moyens constants pour les complémentaires, afin que les cotisations versées par les patients n’augmentent pas", estime la Mutualité française dans Le JDD. Les mutuelles et les associations de patients souhaitent la suppression du secteur 2. Après l’accord préliminaire conclu le 24 juillet, les représentants des syndicats de médecins, des complémentaires santé et de l’assurance maladie doivent se retrouver ce mois-ci à la table des négociations.

Unocam : interrogations

La Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) a décidé de "suspendre sa participation au conseil et au bureau de l’Union des organismes d’assurance maladie complémentaires (Unocam)", indique La Tribune (page 26). La FFSA entend ainsi protester contre le fait de ne pas avoir été consultée lors de la signature, le 28 juillet, d’un protocole entre la Mutualité française et l’Etat. Pour sa part, le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) devrait faire connaître sa décision le 10 septembre Dans le quotidien économique, Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité française explique que "les assureurs souhaitent un transfert par bloc dès le premier euro dans les domaines comme le dentaire et l’optique.

La Mutualité souhaite un partenariat avec des négociations tripartites, le partage des données et l’évolution de la rémunération des médecins". Pour lui, "l’utilité de l’Unocam n’est pas remise en cause", précise-t-il. Une rencontre est prévue aujourd’hui entre Gérard de La Martinière, président de la FFSA, et Jean-Michel Laxalt, président de l’Unocam et de la MGEN.

John Sutton