Départ à la retraite à 62 ou 63 ans ?

Le gouvernement devrait présenter demain matin son projet de réforme des retraites, qui sera bâti autour d'un recul de l'âge légal au moins jusqu'à 62 ans. Une dernière réunion se tiendra ce soir à l'Elysée pour décider s'il faut ou non aller jusqu'à 63 ans, selon Les Echos (page 4). De même, la contribution des ménages les plus riches et des entreprises reste à définir, ainsi que les mesures d'accompagnement concernant l'emploi des seniors et la prise en compte de la pénibilité.

Une partie de la presse s'était fait l'écho ce week-end de divergences au sein de l'exécutif sur la question de l'âge légal, avec d'un côté une ligne dure en faveur des 63 ans, incarnée par le Premier ministre, et de l'autre l'Elysée qui préférerait en rester à 62 ans, par crainte d'une rentrée sociale explosive. "Ce sont des fantasmes", a répliqué hier François Fillon pour mettre fin à la polémique.

De son côté, le ministre du Travail a an­noncé qu'il présenterait les "différentes mesures" de la réforme demain à 8h30. "Celui qui va décider, in fine, c'est le président de la République", a ajouté Eric Woerth.

"Retraites : les épargnants seront taxés", titre la "une" de La Tribune, qui croit savoir que "la taxation des revenus du capital concernera potentiellement tous les épargnants et non seulement les hauts revenus".

Autre quotidien, autre angle, celui de l'emploi des seniors, choisi par Le Monde dans son cahier Economie (pages 1, 4 et 5), qui constate que, malgré des mesures récentes, le travail après 60 ans reste à inventer. Qui sont ces seniors, dont on espère prolonger la durée de vie professionnelle ?, interroge le quotidien du soir, qui souligne que les secteurs d'activité sont inégaux face au vieillissement. De son côté, Libération se penche sur le cas des baby-boomers, "les enfants gâtés de la retraite". "Une nouvelle fois, la réforme va largement épargner la génération née au sortir de la guerre (...). A elle la croissance, les contrats à durée indéterminée, l'optimisme politique, la révolution des moeurs et désormais de vieux jours à l'abri du besoin", énumère Eric Aeschimann, de Libération (page 2). "Et comme la plupart de nos dirigeants politiques et syndicaux appartiennent justement à cette cohorte bénie, le projet de réforme des retraites ménage ses intérêts. Les retraités d'aujourd'hui sont protégés, ceux de demain sont sacrifiés", renchérit Laurent Joffrin dans l'éditorial du même quotidien (page 3).

DMP : lancement fin 2010, en principe
Une première version du dossier médical personnel (DMP) devrait être lancée à la fin de l'année, comme l'a annoncé la ministre de la Santé. L'objectif de cet outil est de mettre les données médicales du patient à la disposition des professionnels de santé, afin d'optimiser sa prise en charge et d'éviter les interactions médicamenteuses et les examens redondants, rappelle La Croix (pages 13 à 15). Diverses expérimentations sont conduites dans des régions pilotes comme la Picardie, rapporte le quotidien. Aujourd'hui, chaque patient picard peut ouvrir gratuitement son dossier médical à condition de consulter l'un des 350 médecins ou des 14 établissements de santé publics ou privés participant à l'expérimentation. Aucun professionnel de santé ne pourra consulter le DMP sans l'accord de son patient, sauf si ce dernier n'est pas en état de s'exprimer (infarctus, accident...). A terme, il est prévu que l'assuré social puisse accéder directement à son dossier, via Internet, et soit en capacité de "masquer" certaines informations. Les praticiens ne cachent pas leur hostilité à cette disposition. "Si le DMP n'est pas un minimum exhaustif, il y aura une perte de confiance des médecins, qui ne l'utiliseront pas", avertit le Michel Chassang, président de la CSMF. Une chose est certaine : l'ouverture d'un DMP ne sera pas obligatoire et "un patient qui refuserait l'autorisation d'accès à son dossier ne sera pas pénalisé au niveau de ses remboursements" par la Sécurité sociale, conclut La Croix.
John Sutton