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Démographie médicale : les infirmières jouent le jeu

L'assurance maladie et les syndicats d'infirmières libérales doivent se rencontrer demain. Objectif : renforcer les mesures prises en 2009 pour mieux répartir ces professionnelles de santé sur le territoire, indiquent Les Echos (page 6). Coïncidence du calendrier, c'est aujourd'hui que les syndicats de médecins libéraux se réunissent avec les responsables de l'assu­rance maladie pour négocier la nouvelle convention médicale. Mais le climat sera nettement moins serein qu'avec les infirmières, soulignent Les Echos.

Les zones surdotées, comme la région Paca et le Languedoc-Roussillon, concentrent un quart des infirmières libérales pour seulement 15% de la population. Les pouvoirs publics craignent qu'une offre trop abondante ne stimule la demande. Ainsi, depuis avril 2009, toute infirmière qui souhaite s'y installer doit obligatoirement succéder à une collègue qui part à la retraite ou quitte la région, sous peine de se voir refuser d'être conventionnée par la "Sécu". Pourquoi de telles mesures ne pourraient-elles pas s'appliquer également aux médecins libéraux ?

En revanche, dans les zones fortement sous-dotées (Auvergne, Bourgogne, Limousin, Poitou-Charentes), l'assu­rance maladie favorise l'installation des infirmières : aide à l'achat d'un véhicule, prise en charge des cotisations sociales pour les allocations familiales… Neuf mois après l'application de l'accord, l'effectif des infirmières libérales est en hausse de 11% dans ces régions.

Malgré ces améliorations, des disparités régionales subsistent, relèvent Les Echos. On compte jusqu'à 330 professionnels pour 100.000 habitants dans les départements du pourtour méditerranéen, contre moins de 70 dans la Marne. Le projet d'accord négocié demain "prévoit un doublement du nombre de zones fortement sous-dotées et surdotées". Un quart des bassins de vie en France serait concerné par les nouvelles mesures de régulation.

La Fédération nationale des infirmiers (FNI), premier syndicat de la profession, est prête à signer, "à condition que l'assurance maladie corrige certains dysfonctionnements de l'accord précédent". De son côté, le Syndicat national des infirmiers et infirmières libérales (Sniil) est plus réservé : "Tout dépendra de la contrepartie qui nous est proposée pour améliorer une grille des tarifs totalement obsolète."

Le Multaq® plus remboursé ?
Dans un avis rendu hier, la Haute Autorité de santé (HAS) a jugé "insuffisant" le service médical rendu (SMR) du Multaq®, un anti-arythmique commercialisé depuis neuf mois par Sanofi, révèle Libération (page 16). Le laboratoire avait déjà essuyé un premier avis critique de la HAS en juin 2010. L'alerte a été lancée en janvier dernier après le signalement de deux cas d'atteintes au foie. La HAS avait alors décidé de réévaluer la molécule.

En février, le Multaq® était classé dans la liste des 140 médicaments "sous surveillance renforcée", publiée par l'Afssaps. La décision de son déremboursement appartient maintenant au ministre de la Santé. "S'il désavouait l'avis de la HAS, Xavier Bertrand serait accusé de rouler pour Sanofi", estime Libération. "Je ne pense pas qu'il puisse prendre ce risque", confirme un expert, surtout en raison de l'actua­lité. Le ministre de la Santé dévoilera ce matin les grands axes de sa réforme du médicament. "Le cas du Multaq® fera donc figure de test de la volonté politique du gouvernement", conclut le journaliste Yann Philippin.
John Sutton