Déficits : décisions au printemps

"En avril, pour les collectivités locales, la Sécurité sociale, comme pour l’Etat, nous prendrons des décisions importantes pour contenir les déficits", a promis hier Nicolas Sarkozy, en concluant la première session de la conférence sur les déficits publics. La rigueur est repoussée au printemps, "après les régionales", ne manque pas de faire remarquer Libération (page 16).

Le chef de l’Etat a annoncé d’ici la prochaine réunion, la constitution de quatre groupes de travail chargés de préparer ces décisions. L’un d’entre eux sera consacré au "pilotage" des dépenses d’assurance maladie. Il sera présidé par Raoul Briet, membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS), précisent Les Echos (page 3). Cette commission devra proposer des règles permettant d’assurer que l’Ondam, voté chaque année au Parlement, soit mieux respecté. Par ailleurs, le gouvernement installera "dans les jours qui viennent" une commission mixte gouvernement-Parlement "afin de trouver des solutions pour rembourser la dette exceptionnelle de la Sécurité sociale accumulée pendant la crise", rapporte La Tribune (page 6).

Tout en assurant vouloir "sauvegarder notre modèle social", le chef de l’Etat a souligné que "les dépenses sociales représentent plus de la moitié des dépenses publiques", souligne Le Figaro-économie (page 21). Pour les réduire, le gouvernement entend notamment s’atteler à la réforme des retraites et ramener le budget des hôpitaux à l’équilibre d’ici à 2012, ce qui nécessite 300 millions d’économies par an.

"Comment y parvenir ?", interroge La Tribune (page 7). Essentiellement en appliquant la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Seconde piste évoquée par le quotidien économique : réduire les coûts des ALD, dont le nombre de bénéficiaires (9,7 millions) augmente de 6 % chaque année. Enfin, rappelle La Tribune, le gouvernement étudie la possibilité de nouveaux transferts de charges de la Sécu vers les complémentaires santé.

Retraites : les syndicats hostiles au changement de calcul
Le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), publié hier, conclut que changer le mode de calcul des pensions est "techniquement possible", mais ne résoudra pas le problème du financement, rapporte La Tribune (page 8). Le système de "comptes notionnels", appliqué en Suède et en Italie, est fondé sur une capitalisation "virtuelle", correspondant à la somme des cotisations versées. Il prévoit d’ajuster les pensions en fonction du PIB ou de l’espérance de vie. Lorsque cette dernière augmente, comme c’est le cas actuellement, les retraites servies sont revues à la baisse.

Voilà pourquoi toutes les organisations syndicales, à l’exception de la CFDT, sont opposées au changement de calcul. La CFDT pourrait défendre une telle réforme lors de son congrès en juin, croient savoir Les Echos (page 4). "Rideau de fumée", pour la CGC, les systèmes par points ou en comptes notionnels entraîneraient un recul du niveau des pensions, selon la CGT et FO, citées dans Les Echos. Enfin, on notera que 63 % des Français considèrent la retraite à 60 ans, comme "un acquis social sur lequel il ne faut pas revenir", selon un sondage BVA pour Les Echos (page 4) et France Info. Mais, pour sauver les systèmes de retraites, 51 % des Français préfèrent travailler plus longtemps et 31 % payer plus, alors que 14 % n’optent ni pour une solution, ni pour l’autre.

4 syndicats de médecins lancent la consultation à 23 euros
MG-France, le SNJMG (jeunes médecins), l’Union collégiale (UC) et l’Union généraliste (UGE) appellent leurs adhérents à appliquer le tarif de 23 € par consultation, rapportent Les Echos (page 3). "Nous lançons un mot d’ordre pour appliquer la nomenclature [tarifaire] de spécialité", a indiqué Claude Leicher, président de MG-France.

La Caisse nationale d’assurance maladie a régi en rappelant que le tarif de 22 € s’appliquait "à toutes les consultations de médecine générale". "Les contentieux en cours sur l’application à la médecine générale du tarif du médecin spécialiste ne sont soutenus par aucune jurisprudence définitive", souligne la Cnam. Les généralistes qui ne respecteraient pas le tarif de 22 € "s’exposent donc à des sanctions, notamment à la suppression de la prise en charge de leurs cotisations sociales".

 

John Sutton