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Déficit de la « Sécu » : pistes de réforme

Pour tenter de contenir le déficit colossal de l'assurance maladie, estimé à 7,7 milliards d'euros en 2009, le gouvernement élabore plusieurs pistes de réforme, indique La Tribune (page 2), qui ajoute qu'elles ne "font pas l'unanimité au sein du gouvernement". Dans le cadre de ces mesures qui "pourraient être sur la table dès l'élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010", les mutuelles seraient particulièrement concernées.

L'un des axes vise à "confier aux mutuelles et assureurs une plus grande part de la prise en charge des dépenses de santé", rapporte le quotidien économique. "Outre l'optique et le dentaire, domaines où les complémentaires santé se trouvent déjà en première ligne des remboursements, les mutuelles pourraient rembourser davantage les consultations ou les hospitalisations", avance une source gouvernementale. "Elles disposent de compétences en gestion du risque ; leur confier de nouvelles responsabilités permettrait de mieux modérer la dépense", estime cette même source.

En contre-partie, "les complémentaires pourraient obtenir des médecins une plus grande qualité des soins et une meilleure maîtrise de la dépense", croit savoir le quotidien économique. Elles pourraient rembourser au prix du médicament "le moins cher", les molécules ayant une efficacité identique, suggère un observateur. Toutefois, estime La Tribune, l'initiative gouvernementale consistant a basculer une partie des remboursements vers les complémentaires, "passera mal dans l'opinion publique", si elle devait être mise en oeuvre.

Autre mesure possible : la création d'un bouclier sanitaire dont le fonctionnement est comparable à une franchise. Au-delà d'un certain plafond de dépenses annuelles, "la gratuité des soins serait assurée", explique La Tribune. Mais ce scénario "a zéro allié. Il n'est soutenu ni par les assureurs, ni par les mutuelles, ni par les syndicats", explique un proche du dossier. De surcroît, ni le ministre des Comptes sociaux, Eric Woerth, ni la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, n'y sont favorables.

Enfin, le "disease management" est une autre piste à l'étude. Cette "éducation thérapeutique" concerne particulièrement les patients atteints de maladies chroniques. "Le paiement au forfait des médecins chargés de ces patients est à l'étude, en lien avec les mutuelles", conclut le journal.

Infarctus : réagir sans tarder
Selon le récent constat de la Haute Autorité de santé (HAS), les Français sont encore nombreux à négliger les premières douleurs liées aux affections cardiaques. Pourtant, précise Le Figaro (page 16), "toute douleur thoracique intense persistant plus de vingt minutes devrait conduire à un appel au 15". "Malgré toutes les campagnes d'information, seulement 55% des patients composent ce numéro", regrette le Dr Patrick Goldstein, président de la Société française de médecine d'urgence.

En général, les hommes de 50-60 ans sous-estiment les premiers signes. Même s'ils se réveillent avec une douleur thoracique, ils ne veulent pas croire à l'infarctus, précise ce spécialiste. "Les plus de 75 ans, surtout les femmes, attendent aussi souvent des heures avant d'appeler le Samu", ajoute le quotidien. Au total, seul un patient sur quatre "rentre dans un parcours optimal, avec appel immédiat au 15 et transfert par le Samu en cardiologie", ajoute Le Figaro.

Toutes les responsabilités ne sont cependant pas le fait des patients. Dans la gestion des infarctus, la HAS déplore un autre point faible : le traitement médicamenteux instauré à l'hôpital. Près de 30% des malades ne bénéficieraient pas de certains traitements en dépit de leur efficacité.

Frédéric Lavignette