Déficit de la Sécu : l’alerte de la Cour des comptes

Les mesures ponctuelles pour réduire le déficit de la "Sécu", "comme les déremboursements ou le transfert de charges aux mutuelles" ne sont pas à la hauteur des enjeux. C'est l'un des principaux messages délivrés par le premier président de la Cour des comptes, lors de la présentation de son rapport sur la Sécurité sociale, indiquent Les Echos (page 2). Pour Philippe Seguin, "il faudra des mesures de grande ampleur. Elles seront douloureuses pour beaucoup et seront certainement impopulaires, mais c'est nécessaire".

Parmi elles : la hausse des prélèvements sociaux. Cette piste est écartée à ce jour par le gouvernement. Mais pour Philippe Seguin, l'exclure aboutirait à "une capitulation et (à) l'explosion assurée du système. Je sais que cette idée reste taboue. Mais sans la traiter frontalement, on n'aboutira jamais qu'à de fausses solutions", argumente-t-il dans La Tribune (page 4). Selon les prévisions de la Cour, le déficit du régime général "dépassera les 20 milliards cette année et atteindra quelque 30 milliards en 2010".

Afin de réduire le déficit de la branche maladie, la Cour des comptes a notamment ausculté la situation des hôpitaux, rapporte Le Figaro (page 19). Elle s'étonne des écarts de productivité et d'effectifs entre certains établissements. En étudiant les services de pneumologie, de chirurgie orthopédique et de maternité de 40 hôpitaux, les magistrats ont constaté que pour une même intervention chirurgicale, le nombre de médecins par lit peut varier de 1 à 10. Le taux d'occupation de ces lits peut aussi osciller de 1 à 3. En matière de retraite, la Cour des Comptes pointe "le coût de certaines mesures comme les départs anticipés ou la possibilité de rachat d'annuités", souligne Le Monde (page 14).

Médicament : adapter le conditionnement
Le directeur général adjoint de la Mutualité Française était l'invité hier de "Cinq minutes pour comprendre", en direct sur I-télé. Le Dr Jean-Martin Cohen Solal a répondu à des questions posées par les téléspectateurs via Internet sur le prix des médicaments. Interrogé sur le problème du conditionnement, il a rappelé que, dans les pays anglo-saxons, le pharmacien l'ajuste strictement à la prescription. "On ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas en faire de même en France", a-t-il affirmé. Cette pratique permettrait de mettre en conformité la délivrance des médicaments avec les besoins des malades. "Dans le cas des maladies chroniques, comme l'hypertension artérielle, a-t-il fait valoir, on délivre le traitement mois par mois alors que celui-ci, pour être efficace, doit être pris en continu et sur une longue durée. Un conditionnement pour trois mois permettrait une meilleure observance du traitement. Il limiterait aussi le montant payé par le malade au titre de la franchise applicable sur chaque boîte."

Le palmarès des hôpitaux 2009
Pour la treizième année, l'hebdomadaire Le Point (pages 188 à 226) dresse le palmarès des hôpitaux. Sur certains points, cette édition 2009 est comparable à la précédente. Ainsi, la majorité des établissements composant le tableau d'honneur des 50 meilleurs hôpitaux de France sont des hôpitaux universitaires (26 CHU et 10 sites de l'AP-HP). Cependant, note le magazine, "les établissements privés à but non lucratif, qui participent au service public hospitalier continuent à tirer leur épingle du jeu, avec 5 centres distingués", dont le premier est l'Institut mutualiste Montsouris (Paris).

Frédéric Lavignette et Sabine Dreyfus