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Déficit de la Sécu: 20 milliards en 2009, 30 en 2010

Au lendemain des élections européennes, gagnées par la majorité, Nicolas Sarkozy prendra des initiatives, "dans les jours qui viennent, en ouvrant de nouveaux chantiers". Par exemple, ceux des réformes dans les domaines de l'Etat et des collectivités locales, de l'emploi et de l'environnement, énumère le quotidien Les Echos (pages 1 et 4). Le chef de l'Etat doit justement évoquer le thème des énergies renouvelables, dès aujourd'hui à l'occasion d'un déplacement en Savoie. Il va se donner le temps de la réflexion et consacrer les jours qui viennent à des consultations. Il devrait s'exprimer la semaine prochaine lors d'une réunion publique ou d'une intervention télévisée. Ce n'est qu'après s'être adressé aux Français que Nicolas Sarkozy procéderait à un remaniement ministériel. Brice Hortefeux, ministre du Travail, n'irait pas occuper son siège de député au Parlement européen, mais prendrait la tête d'un "grand ministère des Affaires sociales", qui regrouperait l'Emploi et les restructurations industrielles, croient savoir Les Echos (page 4).

Hier, les consultations ont débuté avec les syndicats pour préparer la prochaine session de l'Organisation internationale du travail (OIT), sur l'emploi, le 15 juin à Genève, note Le Figaro (page 3). Les syndicats réclament "une plus grande régulation sociale". Le président de la République les a assurés qu'il défendrait le "renforcement du volet social de la mondialisation". "Les principales victimes de la crise, les ouvriers et les jeunes, se sont massivement abstenues ; le gouvernement commettrait une grande erreur en voyant dans ces élections un blanc-seing à sa politique", a prévenu François Chérèque, secrétaire général de la CFDT (Les Echos, page 4). Le contexte budgétaire ne facilite pas les choses, souligne le quotidien économique. La masse salariale, sur laquelle sont assises les cotisations sociales, reculerait de 1,25 % en 2009. "Un recul historique qui aura des effets catastrophiques pour la Sécurité sociale, mais aussi pour l'Unedic et les régimes de retraite complémentaire (Arrco-Agirc)", prévoit Etienne Lefebvre dans Les Echos (page 7). Le déficit de la Sécurité sociale serait proche de 20 milliards d'euros cette année, et pourrait avoisiner les 30 milliards d'euros en 2010, en l'absence de mesures de redressement. Les chiffres précis seront dévoilés lundi prochain par la commission des comptes de la Sécurité sociale.

10 % des arrêts de travail injustifiés
Plus d'un arrêt de travail sur dix, donnant lieu au versement d'indemnités journalières (IJ) par la Sécurité sociale, serait injustifié ou trop long, selon le bilan des contrôles réalisés en 2008 par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), cité par La Tribune (page 8).

Au premier trimestre 2009, les versements d'indemnités journalières ont bondi de 6,4%. Cette progression rapide des arrêts de travail - inhabituelle en période de chômage et de chute de la masse salariale – ne s'explique pas par un relâchement de la politique de contrôle de la Sécurité sociale. En 2008, l'assurance maladie a réalisé 285.000 contrôles pour les salariés "en arrêts de courte durée" (inférieurs à 45 jours), en ciblant les arrêts répétés, certaines pathologies comme les lombalgies ou les temps partiels thérapeutiques, précise le quotidien économique. Sur ce total, les médecins-conseils de la Sécurité sociale ont estimé que "dans environ 13% des cas, l'arrêt était injustifié ou trop long". Depuis 2007, la Cnam a engagé des contrôles systématiques des arrêts de plus de 45 jours, qui sont les plus coûteux pour la Sécurité sociale. Sur les 1,2 million de contrôles réalisés l'an dernier, 11% de ces arrêts longs (soit 130.000) étaient "inadaptés ou injustifiés". L'assurance maladie devrait proposer rapidement de nouvelles mesures pour freiner les dépenses d'indemnités journalières, même si celles-ci ne représentent qu'une part minime du déficit de la Sécurité sociale.

John Sutton