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Croissance nulle pour la France, selon Bruxelles

Les prévisions de croissance que doit publier demain la Commission européenne ne seront pas bonnes. L'information de "bonne source" que rapportent Les Echos (page 3) fait en effet état d'une "croissance de PIB de seulement 0% à 0,1% pour cette année". Un chiffre qui est donc "bien loin du mythe des 0,8%" estimé jusqu'alors par l'exécutif, poursuit Le Figaro (page 3). Sans croissance, ajoute le quotidien, "le déficit budgétaire devrait en toute logique exploser et dériver loin des 3% promis, l'autre totem intangible du gouvernement qui vient d'exploser en plein vol".

En dépit de ces mauvais indicateurs, Bruxelles ne devrait pas sanctionner Paris, mais seulement l'encourager à "ne pas laisser filer le déficit". Plusieurs raisons à cette indulgence, selon Le Figaro : d'abord, le déficit structurel devrait rester conforme à la barre de 1% intro­duite dans la réforme de stabilité. "Ensuite, la Commission est convaincue que la France est engagée sur le chemin des réformes structurelles, qu'il ne faut pas décourager."

Hier justement, c'est sur ce thème que le Premier ministre recevait à déjeuner ses 37 ministres. Puisque, d'après les spécialistes budgétaires consultés par Le Figaro, "la chute de la croissance de 0,8 à 0,1% en 2013 se traduira mécaniquement par une dizaine de milliards d'économies supplémentaires à faire, en plus des 10 qui devaient déjà être dégagés", le chef de l'exécutif a tenu à rappeler ses intentions à son gouvernement.

A savoir, rapporte Le Figaro : "Redres­ser le pays, son économie, sa finance en plaçant à chaque fois la justice au cœur de l'action et la jeunesse au cœur de nos politiques." Plusieurs ministres "inquiets de voir leur budget sabré dans les prochaines lettres de cadrage" ont profité de cette réunion pour contester une nouvelle fois l'excès de rigueur qui leur est imposé jusqu'à la fin du quinquennat, signale Le Parisien/Aujourd'hui (page 6).

Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Delphine Batho, Cécile Duflot et Marylise Lebranchu sont notamment intervenus pour expliquer qu'on ne peut pas seulement demander aux Français de faire des efforts, "il faut aussi leur donner de l'espoir". Plusieurs indices semés par Jérôme Cahuzac laissent cependant à penser que ces derniers seront directement affectés par les économies à venir, écrit Le Figaro. En effet, cela se confirme, la "politique familiale" et "les retraites" devraient être deux des prochaines pistes de travail.

Suppression du jour de carence des fonctionnaires
Pour apaiser une partie de leurs insatisfactions, le gouvernement a décidé hier d'abroger le jour de carence sur les arrêts maladie des fonctionnaires.

Cette mesure instituée par le gouvernement Fillon "privait de toute rémunération les fonctionnaires dès le premier jour d'arrêt maladie, notamment dans le but de réduire l'absentéisme", indique Le Figaro (page 17). Jugé "injuste, inutile et inefficace" par la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, le dispositif devrait donc être supprimé à l'automne 2013.

Selon le ministère, ce système était "injuste", car dans le privé, "deux tiers des salariés bénéficient d'une prise en charge des jours de carences". Pour ce qui est de son inutilité, elle est démontrée par le fait que "l'absentéisme des fonctionnaires ne serait pas plus important que celui des salariés du privé". Enfin, son inefficacité tient au fait que "la non-rémunération du premier jour de congé maladie n'aurait pas d'effet sur l'absentéisme".

Cette décision risque de "faire grincer des dents à Bercy", commentent Les Echos (page 4) : instituée sous le précédent gouvernement, cette journée de carence aurait permis l'an dernier une économie de 60 millions d'euros pour l'Etat employeur et de 70 millions pour les hôpitaux. La ministre de la Fonction publique a toutefois annoncé que des contrôles accrus des arrêts maladie seraient engagés afin de lutter contre les abus sans pénaliser les vrais malades.

D'après le quotidien, ce geste en faveur des fonctionnaires vise surtout "à faire baisser la pression" qui existe entre les agents et le gouvernement. "Après avoir largement voté Hollande, les fonctionnaires ont été déçus par l'annonce récente de la poursuite du gel des augmentations générales." Rien ne dit toutefois qu'ils en seront satisfaits et qu'ils renonceront à la nouvelle journée d'action sur les salaires prévue pour le printemps. L'intersyndicale qui doit se réunir aujourd'hui fera certainement connaître sa position.

Frédéric Lavignette