Crise économique : le chômage repart à la hausse

Les nuages noirs s’accumulent sur l’assurance-chômage, constate La Tribune (page 23). Compte tenu de la crise économique, l’Unedic a révisé hier à la baisse ses prévisions, tablant désormais sur 46.000 chômeurs de plus en 2008, contre - 80.000 selon les prévisions du mois de juin. Quant au déficit financier cumulé sur les dernières années, il pourrait atteindre 5,09 milliards d’euros. Le chômage devrait continuer de progresser tout au long de l’année prochaine (+41.000), avant un timide retour à la baisse en 2010.

C’est dans ce contexte difficile que s’ouvre cet après-midi la négociation sur la nouvelle convention Unedic, qui doit prendre effet au 1er janvier prochain. Ce texte doit régir, pour trois ans, le fonctionnement du régime d’assurance-chômage. L’évolution des cotisations figure au centre des négociations. Le gouvernement souhaite leur baisse, tandis que les syndicats veulent au contraire renforcer l’indemnisation des chômeurs. Quant au Medef, il doit se prononcer ce matin, indiquent Les Echos (page 4).

"Les taux de cotisations actuels ont été fixés à un moment où le chômage était bien plus élevé. Une baisse de 0,3 point est possible et juste", a plaidé hier le ministre du Budget, devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). A l’inverse, les syndicats unanimes jugent qu’une telle baisse serait inopportune face à la perspective d’une aggravation du chômage.

Un demandeur d’emploi sur deux n’est pas indemnisé par l’assurance-chômage, faute de ne pas avoir assez cotisé ou d’avoir épuisé ses droits. "Les chômeurs sont de moins en moins nombreux à être indemnisés et de moins en moins bien : nous voulons inverser radicalement cette tendance", affirme la CGT par la voix de Maurad Rabhi. Cela passe notamment par une révision des règles d’indemnisation des jeunes et des salariés précaires.

Les Echos replacent ces réflexions dans le cadre d’une éventuelle refonte des filières d’indemnisations : élargissement des périodes de références prises en compte pour cotiser ou baisse des durées minimales de cotisation. De son côté, la CFDT prône un système plus "lisible et prévisible" par la mise en œuvre "d’un droit à accompagnement unique". Mais dans ce domaine, le gouvernement a limité les marges de manœuvre en imposant dès juillet dernier aux chômeurs des sanctions en cas de refus de "deux offres raisonnables d’emploi". Il a également institué la fin progressive des dispenses de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés de plus de 57 ans et demi. Le décret d’application de ces mesures a été publié hier.

L'OMS dénonce l'inégalité d'accès aux soins
Trente ans après la conférence d’Alma-Ata, où fut adopté l’objectif de "la santé pour tous en l’an 2000", l’Organisation mondiale de la santé (OMS) constate dans son rapport annuel que "les inégalités en matière de résultats sanitaires et d’accès aux soins sont bien plus grandes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient en 1978".

Comment améliorer l’accès aux soins ? L’OMS définit quatre axes, résume Le Monde (page 4). Le premier vise "à réduire l’exclusion et les disparités sociales en matières de santé", par la couverture universelle. Le deuxième concerne les prestations de service, en préconisant un retour aux "soins de santé primaires". Le troisième prône des réformes qui coordonnent "les actions de santé publique avec les soins de santé primaires". Enfin, l’OMS recommande des "réformes de leadership" combinant l’implication des pouvoirs publics, la participation de tous les secteurs de la société et l’accroissement de la recherche sur les systèmes de santé.

John Sutton