Conventionner avec les professionnels de santé pour réguler les dépenses

La proposition de loi sur les réseaux de soins mutualistes a été "largement amendée" à l'Assemblée nationale en raison du "mécontentement d'une partie des médecins libéraux, des opticiens et des chirurgiens dentistes", analyse L'Argus de l'assurance de ce jour. En l'état, les mutuelles ne pourront ainsi pas conclure de convention avec les médecins.

"Nous ne sommes pas satisfaits, car nous ne comprenons toujours pas les raisons des restrictions par rapport au texte initial, explique le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard. Nous souhaitons simplement le rétablissement de la situation telle qu'elle existait avant l'arrêt de la Cour de cassation en mars 2010."

"Il n'y a pas de raison de ne pas pouvoir conventionner avec les médecins, sauf à renoncer à la régulation des dé­penses de santé, d'autant que ce conventionnement existe aujourd'hui sans soulever de difficultés", poursuit le président de la Mutualité française. "C'est même une régression par rapport à la situation actuelle", ajoute-t-il.
Par ailleurs, la "mutuelle libre-assurance santé" lancée par certains médecins libéraux le 2 décembre par hostilité envers la Mutualité Française, est "en fait une structure assurantielle", souligne L'Argus de l'assurance. "Il s'agit d'un phénomène de rejet par une infime partie des médecins de l'intervention des dépenses de santé", estime Etienne Caniard.

Les hôpitaux réduisent leur déficit
Le déficit des trente-deux centres hospitaliers universitaires (CHU) "devrait être proche de 300 millions d'euros" cette année, a annoncé Pierre-Charles Pons, en charge des questions finan­cières pour la conférence des CHU. L'amélio­ration est sensible par rapport à 2008 et 2009, où ils dépassaient 400 millions d'euros, souligne le site Internet des Echos (www.lesechos.fr).

Les grands hôpitaux continuent à se restructurer pour faire face à l'évolution des pratiques médicales. Les hospitalisations complètes ou prolongées ne sont plus nécessaires pour certaines interventions comme la cataracte, les accouchements ou l'ablation de la vésicule bi­liaire. "La chirurgie ambulatoire, sans hospitalisation, progresse cinq fois plus vite que la chirurgie traditionnelle", se félicite Alain Hériaud, qui préside la Conférence des CHU (www.lesechos.fr). Les hôpitaux continuent de réduire le nombre de lits (– 1% en 2011).

En revanche, les passages aux services d'urgences augmentent encore. Ils ont franchi le cap des 4 millions l'an dernier. Les réponses insuffisantes de la médecine de ville dans la permanence des soins amplifient l'affluence aux urgences. Par ailleurs, les effectifs des médecins hospitaliers sont stables, ceux des autres catégories de personnels sont en léger recul. "Les hôpitaux sous-traitent des tâches qui ne sont pas dans le coeur de métier, comme la logistique, la restauration ou la blanchisserie. C'est là que porte l'essentiel des réductions d'effectifs, plus que sur les postes d'infirmiers ou d'aides-soignants", assure le président de la conférence des CHU, sur le site des Echos.

John Sutton