Consultation à 23 euros : le bras de fer

Les médecins montent une nouvelle fois au créneau pour faire valoir leur revendication, indiquent Les Echos (page 3). A partir d'aujourd'hui, ils programment de "faire passer unilatéralement le prix de la consultation de 22 à 23 euros (...) pour protester contre l'attentisme du gouvernement sur la question".

D'après La Tribune (page 6), c'est, cette fois-ci, à la demande du premier syndicat médical que les praticiens libéraux agissent. En effet, explique le quotidien économique, "après d'autres syndicats médicaux comme MG-France qui a organisé plusieurs jours de grève des télétransmissions des feuilles de la ”Sécu”, la CSMF veut forcer la main du gouvernement qui, par la voix de Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, refuse depuis des mois d'accorder cet euro d'augmentation, alors que la revalorisation était actée depuis 2007".

Etant données les prévisions de déficit de l'assurance maladie pour 2010, le gouvernement n'entend pas répondre à la demande insistante de ces médecins. L'an prochain, le déficit de l'assurance maladie devrait avoisiner les 14 milliards d'euros... Une augmentation de la consultation d'un euro alourdirait la facture de 250 millions sur un an.

"En incitant aujourd'hui au bras de fer avec le gouvernement, (les médecins) savent que la période leur est politiquement favorable, observe La Tribune. Depuis la débandade de l'UMP aux régionales, Nicolas Sarkozy a fait du corps médical l'une des catégories socioprofessionnelles à reconquérir d'ici à 2012, avec les agriculteurs."
Pour l'heure, l'action des médecins reste illégale. Comme le rappelait hier Le Journal du dimanche (page 11), la Cour de cassation a donné tort, jeudi dernier, à neuf médecins de la Drôme, qui appliquaient déjà le tarif de 23 euros. Mais, "malgré ce revers, les syndicats sont décidés à mener le combat tarifaire jusqu'au bout". Afin de calmer la grogne de la profession, la ministre de la Santé évoque "l'allégement de certaines tâches administratives ou le renforcement du rôle des généralistes dans la formation médicale", indique La Tribune.

Retraite : la réforme qui divise
Vitale et indispensable pour certains, inquiétante et redoutable pour d'autres, la réforme des retraites est aujourd'hui à la une de tous les journaux. Et pour cause, les consultations du "dernier grand chantier du sarkozysme" débutent aujourd'hui au ministère du Travail, note Libération (pages 2 à 7).
Tour à tour, le ministre du Travail, Eric Woerth, recevra les syndicats et les organisations patronales afin de leur exposer la méthode et surtout le calendrier des mois à venir. Sur ce dossier, observe le quotidien, la possibilité de parvenir à un consensus semble des plus réduites.

En effet, "qu'il augmente les prélèvements sans remettre en cause le bouclier fiscal, qu'il aligne ou non le public sur le privé, qu'il alourdisse les cotisations des actifs en épargnant les retraites ou qu'il choisisse de repousser l'âge légal de départ sans allonger la durée d'assu­rance (ou l'inverse)", l'exécutif fera dans tous les cas des mécontents.

Comme l'explique Le Figaro (page 24), un sondage à l'appui, ce dossier met en évidence un profond "clivage droite-gauche". D'un côté, les sympathisants de gauche refusent à 78% que l'âge légal de la retraite soit reculé au-delà de 60 ans. En revanche, les sympathisants de droite sont 62% à envisager cette piste. Les deux tendances se rejoignent sur un seul point : l'alignement des régimes de retraite du privé et du public.
Frédéric Lavignette