Consommation : les compléments alimentaires épinglés

Certains compléments alimentaires commercialisés en France présentent des anomalies : défaut d'étiquetage, publicité mensongère, problèmes de traçabilité. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) recommande aux consommateurs la plus grande vigilance.

Perte de poids, aide au bronzage, lutte contre la fatigue : les fabricants de compléments alimentaires ne manquent pas d'imagination pour vanter les mérites supposés de leurs produits. Ces allégations font l'objet d'une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Résultat : plus d'un tiers des 500 entreprises contrôlées présentent des anomalies liées principalement à des pratiques commerciales trompeuses et à des manquements dans l'étiquetage. Plus inquiétant, 7% des anomalies constatées résultaient de défauts d'autocontrôles ou de traçabilité des produits.

La DGCCRF recommande de prendre garde aux produits vendus sur Internet et "de ne jamais acheter des produits dont les mentions d'étiquetage ne sont pas rédigées en français". Elle conseille également aux utilisateurs d'éviter de consommer plusieurs produits aux effets similaires, afin d'éviter les risques de surdosage.

Des vertus imaginaires
Depuis quelques années, les critiques s'accumulent contre les compléments alimentaires. En 2007, l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement, cadre de vie) a jugé que les bienfaits supposés de ces produits "relèvent pour l'essentiel de l'affabulation".

L'association s'est penchée sur 140 produits censés favoriser la perte de poids, fortifier les cheveux ou encore donner un meilleur teint. Bilan : les gélules analysées n’ont aucun effet et les "cocktails vitalité" ne remplaceront jamais une alimentation équilibrée. Certains produits ont même des dosages potentiellement dangereux : une cure de vitamine C examinée par le CLCV représente un apport "seize fois plus important" que les besoins journaliers !

Plus récemment, l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a mis sur la sellette certains compléments jugés "bidons" et "parfois dangereux". Ces produits appartiennent aux trois familles parmi les plus vendues contenant de la vitamine C, de l'oméga 3 ainsi que des compléments "ligne et minceur".

En France, plus de 28.000 compléments alimentaires sont disponibles sur le marché.

Philippe Rémond