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Conférence sociale : les syndicats mobilisés

A deux jours de la conférence sociale, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, dans une interview aux Echos (page 4), prévient le gouvernement que le "ton sera plus dur que l’an passé". "FO aborde ce rendez-vous fermement décidé à défendre ses positions : le consensus ne se décrète pas. Il faudra que les débats permettent de déboucher vite sur du concret, notamment sur l’emploi", affirme-t-il.

La conférence sociale doit lancer la concertation sur les retraites. Mais d’ores et déjà, Jean-Claude Mailly estime que "les pistes du rapport Moreau sont lourdes, écrasantes" et "ne sont pas acceptables." FO déplore, en outre, l’absence de table ronde consacrée au pouvoir d’achat, "alors que c’est un sujet essentiel, économiquement et socialement". D’autre part, le leader de Force ouvrière estime, dans cet entretien, que la décision du Conseil constitutionnel de censurer les clauses de désignation, ouvre la porte "aux géants de l’assurance". "La liberté de concurrence écrase la liberté de négocier, c’est cela la philosophie du Conseil constitutionnel !", affirme-t-il.

Du côté de la CFDT, le ton est beaucoup moins polémique. "L’objet de la conférence n’est pas d’arrêter des solutions, mais de définir un agenda pour les construire dans l’année qui vient", estime son secrétaire général Laurent Berger, dans un long entretien au Monde (page 10). "Je ne suis ni dans la cogestion du pays, ni dans l’accompagnement. Je suis exigeant, critique, mais constructif", s’est-il défendu. Pour lui, le rapport Moreau sur les retraites "pose de nombreux thèmes importants pour la CFDT. La pénibilité, dont la prise en compte est indispensable, la refonte des droits familiaux, la durée de cotisation, qui doit être limitée et accompagnée de mesures de solidarité".

Enfin, le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, a annoncé hier que son syndicat allait appeler à une journée de mobilisation et organiser quatre grands meetings, début septembre, "en lien avec le calendrier parlementaire concernant les grands dossiers sociaux et notamment la réforme des retraites", rapporte L’Humanité (page 6). Selon Thierry Lepaon, le gouvernement "est de plus en plus sensible à ce que peut dire le patronat". "Les salariés, les chômeurs, les jeunes et les retraités attendent des résultats concrets et un plan d’action sur l’emploi, les salaires et les pensions", estime le secrétaire général de la CGT.

De son côté, le gouvernement souhaiterait que cette deuxième conférence sociale se focalise moins sur les retraites que sur l’emploi, qui sera au coeur de plusieurs tables rondes, analyse Libération (page18). La conférence s’ouvrira jeudi matin par la rencontre entre le président de la République et les dirigeants des cinq syndicats et des trois organisations patronales. Vendredi après-midi, le Premier ministre détaillera le contenu de la feuille de route. Plusieurs mois de négociations entre les partenaires sociaux devraient suivre.

Questions autour du Furosémide®
L’affaire du Furosémide® va-t-elle se dégonfler aussi vite qu’elle s’est emballée ? A-t-on fait preuve dans ce dossier, d’une application extrême du principe de précaution ? interroge le quotidien La Croix (page 11). Pour l’instant, les autorités sanitaires restent prudentes. "Il était légitime au départ de lancer l’alerte. Si les choses avaient mal tourné, on nous aurait reproché de ne rien avoir fait", expliquent le ministère de la Santé et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Depuis une semaine, souligne La Croix, les différentes investigations n’ont pas permis de découvrir la moindre trace du somnifère, qui, pensait-on, avait pu se retrouver par erreur dans les boîtes censées contenir des diurétiques. Selon les autorités sanitaires, 190 000 boîtes provenant de deux lots pouvaient être concernées par cette erreur de conditionnement. L’alerte s’est basée sur un seul signalement, celui d’un pharmacien de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Le 7 juin dernier, ce dernier affirme avoir reçu la visite d’une patiente traitée avec du Furosémide® et se plaignant de problèmes de somnolence. Le témoignage de ce pharmacien a été jugé suffisamment crédible par le laboratoire Teva, puis par l’ANSM pour lancer une alerte nationale et demander le rappel de toutes les boîtes de Furosémide®. Pour l’instant, les vérifications effectuées sur 1 445 d’entre elles (sur 190 000) par Teva n’ont rien donné.

John Sutton