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Comptes de la « Sécu » : de bons résultats dus au plan de rigueur

Lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012, le gouvernement dévoilera jeudi les comptes de l’assurance maladie obligatoire. La "Sécu" devrait afficher un déficit inférieur à 18 milliards d’euros cette année et passerait sous la barre des 14 milliards l’an prochain, prévoit Le Journal du dimanche (page 22).

Des résultats dus à la réduction des dépenses ou aux bonnes pratiques des médecins ? Ni l’un ni l’autre : c’est en partie le plan de rigueur annoncé fin août par le Premier ministre qui explique cette amélioration des comptes. "Tabac, sodas, mutuelles, épargne... Les hausses annoncées par François Fillon profitent en majeure partie à la Sécu", note le JDD. "Le gouvernement, qui s’interdit d’augmenter les impôts pour l’Etat, n’a pas hésité à le faire pour l’assurance maladie", commente l’hebdomadaire.

Le PLFSS pour 2012 pourrait aussi comporter des mesures de déremboursement de médicaments. Cible principale : les médicaments à vignette orange au service médical rendu (SMR) insuffisant, encore remboursés à 15%, contrairement à ce que stipule le Code de la Sécurité sociale. Les industriels du médicament ont déjà fait connaître leur hostilité à cette mesure, d’autant que les pouvoirs publics veulent, en parallèle, imposer des baisses de prix.

"Avantage annexe, tout comme les baisses de prix, les exclusions du remboursement font également réaliser des économies aux complémentaires, souligne Le Figaro-économie (page 26), car elles aussi sortent les médicaments concernés de la liste des produits qu’elles prennent en charge."

"Or, le gouvernement veut se réconcilier avec les complémentaires, après leur avoir infligé un milliard d’euros de taxe supplémentaire", rappelle le quotidien. Mais les économies que pourraient réaliser ces organismes grâce au déremboursement des médicaments à SMRI, ne compenseront pas, loin s’en faut, la hausse de la taxe sur les conventions d’assurance (TCA) qui vient d’être votée.

Le Figaro publie, sur la même page, un article intitulé : "Complémentaires : hausse attendue des tarifs." Comme la Mutualité Française l’a clairement fait savoir, la hausse des taxes sur les contrats mutualistes va quasi inéluctablement provoquer des augmentations de tarifs. Interrogés par le quotidien, deux responsables mutualistes récusent l’argument selon lequel les mutuelles auraient la marge financière pour éviter cette répercussion.

"Nous ne voulons pas affaiblir nos fonds propres, alors que nous nous préparons à l’arrivée des normes de Solvabilité 2 et que notre exposition aux risques longs – dépendance et prévoyance – croît, explique ainsi Thierry Baudet, président de la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN). La seule question est de savoir si nous allons répercuter une partie ou l’intégralité des 40 à 50 millions d’euros que coûtera la taxe à la MGEN."
De son côté, le président de la Mutuelle générale, Patrick Sagon, met en garde contre les effets pervers de cette mesure : "La nouvelle hausse de la taxe pourrait inciter certains acteurs de la profession à sortir des contraintes des contrats solidaires", laissant aux mutuelles santé "le soin d’assurer les profils les plus risqués".

Médecins : le malaise persiste
"Soumis à toujours plus de contraintes administratives et de pratiques codifiées, critiqués pour leurs dépassements d’honoraires, s’estimant mal considérés, les médecins dépriment et s’interrogent sur l’évolution de leur métier", constate Le Figaro-magazine de samedi, qui consacre sa couverture et son dossier au malaise des médecins (consultable sur lefigaro.fr). "Pour cette profession qui fut libérale par excel­lence, l’intervention croissante de l’Etat et de l’assurance maladie signe le ma­laise", assure l’hebdomadaire.

Le Fig-mag observe "un véritable bouleversement générationnel entre médecins d’aujourd’hui, encore majoritaires" et "la jeune génération", qui aspire à des modes d’exercice et de rémunération différents, qui "n’entend pas sacrifier sa qualité de vie" et "se tourne vers les disciplines les moins pénibles et les moins stressantes". Parmi les nouveaux diplômés, 70% ont choisi d’exercer en tant que salarié et seulement 9,4% en libéral, souligne Le Figaro-magazine.

Autre phénomène significatif de cette évolution : de plus en plus de jeunes mé­decins refusent de "poser leur plaque" et s’installent dans le statut, autrefois transitoire, de "médecin remplaçant". Par ailleurs, les jeunes médecins sont moins attachés à leurs patients et acceptent de les "partager" avec d’autres praticiens, l’assurance maladie et les associations de défense des malades.

La médecine libérale a-t-elle encore en avenir ? Pour le Pr Guy Vallancien, chef du département d’urologie et de néphrologie à l’Institut mutualiste Montsouris (IMM) de Paris, "une autre médecine se dessine, moins artisanale, plus industrialisée". "Le médecin de demain (...) va travailler en équipe dans des maisons de santé et s’il y a une réelle réforme de la hiérarchie et de la tarification des actes, il n’aura plus à s’user à les multiplier pour s’assurer des revenus corrects. (...) De fait, il pourra reprendre du temps pour se consacrer à l’écoute du patient, au diagnostic et prodiguer un avis d’expert", prévoit Guy Vallancien.

"Combien gagne les médecins ?", s’interroge également Le Figaro-magazine dans un autre article de son dossier. Réponse indulgente de l’hebdomadaire : "Si certains spécialistes enregistrent des rétributions dignes de grands patrons, les rémunérations moyennes de médecins, bien qu’honorables, ne compensent pas toujours les longues années d’études et les lourdes responsabilités inhérentes à ce métier."
John Sutton