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Comprimés d’iode : ce qu’il faut savoir

Alors qu'au Japon, les tentatives de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima se poursuivent, en France, les autorités sanitaires sont confrontées à une vague d'inquiétude de nos concitoyens à la recherche de comprimés d'iode. "Cette ruée dans les pharmacies est inepte", juge Yves-Sébastien Cordoliani, expert en radioprotection de la Société française de radiologie, dans Le Figaro (page 5).

Il s'en explique : "En cas d'exposition à de l'iode radioactif, prendre de l'iode stable précocement permet de saturer la thyroïde et ainsi de prévenir des cancers de cette glande. Mais cette stratégie est totalement inutile si le niveau de radioactivité n'a pas augmenté de façon significa­tive. De plus, il y a un risque d'induire une crise d'hyperthyroïdie chez certains." Chez les personnes contaminées, poursuit cet expert, "l'efficacité est maximale si l'ingestion a lieu dans les deux heures précédant l'exposition à la radioactivité, elle est de 50% six heures après".

Ces explications suffiront-elles à calmer les angoisses des Français, qui soumettent les pharmaciens à un "afflux de questions" ? Pour aider les officinaux à répondre à ces interrogations, le Conseil de l'ordre des pharmaciens leur a adressé une lettre d'information spécifique sur ces produits. "Les comprimés d'iode de potassium du stock de l'Etat ne peuvent être délivrés (à titre gracieux ou onéreux) qu'à la demande expresse des autorités", indique ce document.

Comme le précise Le Figaro, leur fabrication est réalisée uniquement par la pharmacie centrale des armées et "seules les officines qui sont situées près des centrales nucléaires en disposent". C'est l'Etat, ajoute le quotidien, qui est responsable de la distribution, via les préfectures. Pour l’heure, « une partie du stock d’iode est périmée (...) mais les autorités envisagent de prolonger la durée de validité des comprimés".

La France n'est pas le seul pays à connaître cette ruée vers l'iode. Ainsi, en Chine, le gouvernement a lancé hier des appels au calme après que des hypermarchés ont été dévalisés en sel iodé. Aux Etats-Unis, "malgré les discours rassurants des autorités sanitaires sur le faible risque de retombées radioactives, la population fait tout pour s’approvisionner en iode". Le seul fabricant de ces comprimés est d'ailleurs en rupture de stocks depuis plusieurs jours.

Mediator® : Servier prêt à relever son indemnisation
Le laboratoire Servier s'apprête "à proposer la création d'un fonds destiné à dédommager, selon lui, "très largement" les victimes" du Mediator®, avance Le Figaro (page 13). Ce fonds, explique le quotidien, s'ajoute au fonds public prévu par la loi Kouchner. Il élargit les possibilités d’indemnisation au malade souffrant d’une incapacité permanente partielle (IPP) "inférieure à 25%" ou ayant pris du Mediator® avant 2002.

Comme pour le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (Fiva), des barèmes seront établis en fonction des préjudices subis. Point important : "Si l'accord sur une indemnisation aboutit, il empêchera une victime de demander réparation au civil une deuxième fois. En revanche, elle pourra toujours porter plainte au pénal."
Du côté des victimes, certaines refusent ce "fonds Servier" et demandent au gouvernement de créer un fonds spécial. En outre, des avocats envisagent de mettre en cause la responsabilité de l'Etat devant le tribunal administratif, au regard des "dérèglements du système de pharmacovigilance", révélés par les rapports de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et des Prs Bernard Debré et Philippe Even. Hier, une association de victimes a annoncé que 500 nouvelles plaintes avaient été déposées au parquet de Paris.
Jean-Michel Molins