croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Combien coûte une maison de retraite ?

Pas facile de vieillir sans fortune ! C'est la conclusion que l'on pourrait tirer de l'étude rendue pu­blique ce matin par le cabinet KPMG au titre de son observatoire des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Selon ce document que s'est procuré La Croix (pages 2 et 3), une place dans une maison de retraite publique ou du secteur privé à but non lucratif coûte en moyenne 1.857 euros par mois à chaque résident, et 2.242 euros en Ile-de-France. Des sommes très élevées et insuffisamment couvertes par les pensions perçues par les résidents. En moyenne, indique le quotidien, la pension de retraite des femmes, qui représentent la majorité des pensionnaires, n'excède pas les 900 euros par mois.

Des différences de tarifs significatives existent de surcroît entre les établissements, qu'ils soient publics ou commerciaux. "La facture est en général plus lourde dans le privé à but lucratif où elle dépasse souvent 2.000 euros par mois, voire bien davantage en Ile-de-France ou dans certaines villes du sud", écrit le quotidien.

Trois variables composent les montants fixés par les maisons de retraite : les soins, la dépendance et l'hébergement. Le tarif "soins", qui représente 25 à 30% des coûts de l'établissement, est pris en charge par l'assurance maladie et sert à rémunérer le personnel infirmier et soignant, explique La Croix.

De son côté, le tarif "dépendance" couvre les frais liés à l'assistance des personnes en perte d'autonomie. Les allocations personnalisées d'autonomie (Apa) versées par les départements permettent d'en assurer le financement, même si un ticket modérateur reste à la charge du pensionnaire en fonction de ses revenus. Enfin, le tarif "hébergement", qui correspond à 60% des coûts de l'établissement, est entièrement à la charge du pensionnaire, qui peut éventuellement bénéficier d'aides sociales.

Parce que ces aides sociales ne se déclenchent qu'à partir d'un seuil de ressources très bas, certaines familles de pensionnaires sont parfois obligées de vendre la maison de leur aïeul, de toucher à son patrimoine, voire d'y aller de leur poche pour financer son séjour en établissement. Cela est d'autant plus courant que les factures peuvent réserver quelques surprises sous la forme de "frais cachés" : dépenses de coiffeur, locations de téléviseur, lavage du linge, téléphone…

A ce titre, la ministre déléguée en chargé des Personnes âgées et de l'Autonomie a récemment plaidé pour un encadrement de certains tarifs dans les établissements privés. Pour cela, Michèle Delaunay propose notamment de créer un site Internet qui détaillera tous les prix des établissements car, selon elle, "les familles sont perdues et se font rouler sur les frais cachés".

Déserts médicaux : le Sénat veut plus de contraintes
Faut-il aller jusqu'à déconventionner les médecins libéraux qui choisissent de s'installer dans des zones déjà très bien dotées en praticiens ? La question est relancée ce matin par un rapport de la commission du développement durable du Sénat, qui a notamment en charge les questions d'aménagement du territoire.

Dans ce document, qualifié "d'explosif" par Le Figaro (page 20), Hervé Maurey (Union des démocrates indépendants) et Jean-Luc Fichet (Parti socialiste) proposent même que les spécialistes soient contraints d'assurer un service médical de deux ans à la fin de leurs études dans des hôpitaux de chefs-lieux de départements en mal de recrutements.

Flécher l'installation des professionnels de santé vers des territoires délaissés n'est pas un procédé nouveau, rappelle le quotidien. Il a déjà été appliqué aux infirmiers en 2008 avec de bons résultats : en trois ans, les installations dans les zones sous-dotées ont bondi de 33%. Mais "tous les gouvernements ont reculé devant le poids électoral des médecins et les grèves des internes", reconnaît Hervé Maurey.

Ce sénateur de l'Eure suggère d'intervenir dès à présent auprès des étudiants, afin de les prévenir "que ce système pourrait être généralisé si les déserts médicaux s'étendent d'ici à la fin de la législature". Pour lui, il est en effet nécessaire de "régionaliser le nu­merus clausus en fonction des be­soins des territoires, alors qu'à l'heure actuelle ce mécanisme ne définit les effectifs d'étudiants en médecine qu'au niveau national".

Frédéric Lavignette