Cliniques à but non lucratif : menaces de grève

Plus du tiers des établissements de santé privés à but non lucratif sont en déficit. Plus inquiétant, "les dépôts de bilan se multiplient", affirme Yves-Jean Dupuis, directeur général de la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratif (Fehap), La Fehap représente 3.700 établissements de santé, rappellent Les Echos (page 4), qui rend compte de l'état des discussions entre le patronat et les organisations syndicales sur l'évolution de la convention collective.

Lancées il y a deux ans, ces discussions sont désormais dans une situation de "blocage total", rapporte le journaliste Vincent Collen. Les quelque 220.000 salariés de ces établissements refusent catégoriquement de voir remis en question "les avantages spécifiques au secteur hospitalier, notamment la façon dont sont comptabilisés les jours fériés travaillés", ainsi que "l'ancienneté des salariés", précisent Les Echos. Les salariés estiment que ces changements auraient un impact sur leur pouvoir d'achat, alors que celui-ci "recule déjà depuis plusieurs années", indique un représentant de la CFTC au quotidien économique.

Pas question pour eux que le redressement de la situation financière de leur employeur soit effectuée "en réduisant la masse salariale", ajoute un membre de la CFDT. "Les salaires des médecins, infirmiers, aides-soignantes et personnels administratifs représentent près de 70% des coûts des établissements et ils augmentent plus vite que leurs ressources", soulignent Les Echos. "Contrairement aux hôpitaux publics, nous ne pouvons pas compter sur une aide de l'Etat", alerte le directeur général de la Fehap. "Nous appellerons probablement à la grève", conclut un militant de la CGT. Le rapport de force se durcit.

Les cotisations sociales des travailleurs indépendants à la hausse
Accroître les recettes de la "Sécu" ! C'est l'objectif poursuivi par le projet de hausse des cotisations sociales des travailleurs indépendants. Elle rapporterait 1,7 milliard d'euros à la Sécurité sociale, rapportent Les Echos (page 4). L'aligne­ment du taux de cotisation de cette catégorie de travailleur sur celui des salariés était au programme de François Hollande lors de la campagne présidentielle.

Actuellement, 2,5 millions d'assurés sont affiliés au régime social des indépendants (RSI). "Ils bénéficient des mêmes prestations de santé que les salariés du régime général", à une exception près, précisent Les Echos : l'indemnisation des congés maternité. En revanche, les cotisations sont inférieures. Là où les salariés contribuent pour 13,85% de leur revenu au financement de l'assurance maladie, les indépendants cotisent "6,5% sur leurs revenus dans la limite de 3.031 euros par mois, puis de 5,9% jusqu'à 15.155 euros par mois".

Pour l'heure, le gouvernement a "re­noncé à un alignement total des cotisations", précise le quotidien économique. "Les représentants des indépendants n'en tirent pas moins la sonnette d'alarme", poursuit-il. La hausse des cotisations devrait être appliquée l'an prochain.
Milène Leroy