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Chômage : le diagnostic sans appel de la Cour des comptes

A quelques mois de renégociation de la convention Unedic, l'assurance chômage est sujette à un lot de critiques de la part de la Cour des comptes. La plus haute juridiction financière a en effet publié hier un rapport de 170 pages sur l'efficacité des politiques de l'emploi et particulièrement sur le mode d'indemnisation du système.

La Cour regrette en premier lieu qu'"une réflexion n'ait pas été véritablement menée sur l'adaptation du dispositif à une augmentation du chômage dans la durée", rapportent Les Echos (page 3). D'autant qu'avec la crise et l'explosion du chômage, les déficits se sont naturellement creusés. "L'organisme qui gère l'assurance chômage devrait ainsi perdre 5 milliards d'euros en 2013, alors qu'il accumule déjà 13,7 milliards d'euros de dette fin 2012", détaille Le Monde (page 10).

Compte tenu de cette situation, note le quotidien, la Cour s'interroge sur "la difficile équation que va devoir résoudre le régime d'indemnisation du chômage dans les prochains mois et les coupes auxquelles il va falloir inévitablement procéder".

Parmi les questions soulevées, figure celle de la durée minimale de travail pour percevoir l'assurance chômage. En France, écrit Le Monde, "il suffit par exemple d'avoir travaillé quatre mois sur une période de référence pouvant aller jusqu'à vingt-huit mois pour pouvoir être indemnisé". Ce seuil est l'un des "plus généreux d'Europe", au même titre que la durée d'indemnisation pour un chômeur de moins de 50 ans qui peut aller jusqu'à deux ans.

Le niveau du plafonnement des allocations versées est également incriminé. En effet, la Cour des comptes note que "le système français indemnise mieux que beaucoup d'autres les salariés au voisinage du Smic", indiquent Les Echos. "Le décalage est encore plus important à l'autre bout de l'échelle pour les salaires les plus élevés", ajoute le quotidien économique, pour qui les cadres sont clairement dans la ligne de mire de ce rapport. En effet, explique Le Monde, "un salarié français qui touche le salaire moyen, soit environ 2.000 euros, bénéficiera d'un taux de remplacement, toutes prestations sociales confondues, de 66,4% de son salaire, un niveau inférieur à celui d'un salarié gagnant 4.000 euros (68,3%) !"

La Cour propose donc d'abaisser les indemnités des ex-salariés qui avaient les plus hauts salaires, écrit Libération (page 16). Selon ce même journal, le rapport dresse aussi "un constat au vitriol de la formation professionnelle" laquelle "peine à être orientée vers ceux qui en ont le plus besoin". Ce "défaut de ciblage" se retrouve également dans l'attribution des contrats aidés et de professionnalisation qui reviennent en fin de compte aux plus diplômés. La Cour suggère de les ouvrir davantage "à ceux qui en ont le plus besoin et pas forcément aux licenciés économiques".

Enfin, ajoute Libération à l'appui du rapport, "un peu de ménage et de clarification des compétences dans les acteurs de la politique de l'emploi et de la formation, trop nombreux, ne serait pas du luxe"…

Frédéric Lavignette