Chômage : des chiffres toujours à la hausse

Hier matin, le chef de l'Etat a tenu à dévoiler personnellement les chiffres du chômage sur France Info. Ce faisant, remarque Le Pari­sien/ Aujourd'hui (page 9), Nicolas Sarkozy a brisé "l'embargo sur les chiffres publiés traditionnellement à 18 heures, comme chaque mois", afin d'annoncer que le chômage avait finalement… progressé de 6.200 personnes.

Pour le président-candidat, cette "baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs en février" est la preuve d'une "amélioration de la situation" économique. A quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, cette prouesse de langage lui a valu bon nombre de critiques venant de l'opposition.

A l'appui des chiffres de Pôle emploi, Le Figaro (page 23) note pourtant que le nombre d'inscrits en catégorie A (sans activité) a bel et bien "progressé deux à trois fois moins vite en février qu'au cours des cinq mois précédents", soit + 0,2%. Et de rappeler que le nombre de nouveaux demandeurs d'emploi était de 13.400 en janvier et de 22.800 en moyenne entre septembre et décembre 2011. En d'autres termes, souligne Le Figaro, il s'agit de "la plus faible hausse depuis août".

Pour Les Echos (page 3) en revanche, il s'agit plutôt "du dixième mois d'affilée de hausse" du chômage. Sur un an, précise le quotidien, la progression a été de 6,2%.

Si l'on ajoute les demandeurs d'emploi ayant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d'emploi atteint 20.400 pour le mois de février. Ainsi, indique Libération (page 17), "en métropole, ce sont au total 4,278 millions demandeurs d'emplois, exerçant ou non une activité réduite, qui cherchaient un travail en février". En tenant compte de l'outre-mer, le chiffre atteint les 4,547 millions.

Enfin, conclut Libé,"un simple coup d'œil dans le rétroviseur du quinquennat affiche […] une augmentation du chômage avoisinant les 35%, avec 730.300 demandeurs supplémentaires". A ce propos, rappellent Les Echos, le président sortant avait promis au printemps 2007 de ramener le taux de chômage de la métropole de 8,1% à 5%, en demandant à être jugé sur cette "obligation de résultat".

Les statines réduiraient la dépression
Utilisées habituellement pour diminuer le taux de cholestérol, les statines réduiraient aussi les risques de dépression, selon une étude américaine réalisée pendant six ans et publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry, rapporte Le Figaro (page 15). Les auteurs de l'étude ont ainsi évalué le lien entre ces médicaments, qui figurent parmi les plus prescrits au monde, et les troubles de l'humeur (morosité, fatigue, baisse de l'estime de soi, pensées suicidaires…) auprès de 965 sujets présentant une cardiopathie et dont 65% d'entre eux étaient traités par de statines.

"Les patients qui prenaient des statines avaient un score de dépression en moyenne plus faible que les non-utilisateurs, et cette différence s'est confirmée, voire accrue, tout au long du suivi", rapporte Le Figaro.
Au terme des six années, 28% de ceux qui étaient sous statines ont eu au moins un épisode dépressif mineur ou plus grave, contre 40% des non-utilisateurs. Bien entendu, les différences de profils (sexe, tabagisme, niveau d'éducation, autres pathologies…) ont été prises en compte par le programme. Si ce lien était confirmé, "les conséquences pourraient être importantes du point de vue de la santé publique", observe le quotidien.
Frédéric Lavignette