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Charte télé : une réponse trop mince pour lutter contre l’obésité infantile

Les industriels de l’agroalimentaire, les chaînes de télé et les pouvoirs publics ont signé le 12 février, à Paris, une charte pour promouvoir une alimentation équilibrée et l’activité physique auprès des jeunes. Pour la Mutualité française, une politique efficace passe surtout par la suppression de la pub pour les aliments gras et sucrés.

C’est une demi-mesure pour lutter contre l’obésité infantile. Le ministère de la Santé, celui de la Communication, ainsi que des professionnels de la télévision et de la publicité ont signé le 12 février, à Paris, une charte pour promouvoir "une alimentation et une activité physique favorables à la santé" lors de programmes télé destinés aux enfants. Parmi les signataires de ce texte : des chaînes (TFI, M6, France Télévision…), des régies publicitaires, des annonceurs…

A l’heure où 12% des enfants en France sont touchés par l’obésité, cette charte apparaît comme une timide réponse face à cet enjeu de santé publique. Une politique efficace passerait plutôt par une suppression de la publicité pour les aliments gras et sucrés. "C’est la position de fond de la Mutualité française", rappelle la Dre Annabel Dunbavand, conseillère médical auprès du directeur général de la Mutualité française. C’était également, il y a un an, la volonté de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

Un amendement au projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST) va dans le même sens. Déposé le 6 février par les députés UMP Yves Bur (Bas-Rhin) et Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône), qui a présidé la mission parlementaire sur la prévention de l’obésité, il sera débattu dans les prochains jours. Mais, compte tenu de cette charte, il ne devrait pas être, en toute logique, adopté. Pour l’association UFC-Que choisir, la charte constitue "un contre-feu" à toute réglementation plus coercitive.

Recettes de cuisine, émissions sur le goût...
Le premier engagement de la charte demande uniquement aux annonceurs de renforcer la "démarche qualité" du contenu des publicités alimentaires pour des produits gras et sucrés. Les industriels de l’agroalimentaire seront également chargés de "l’actualisation de la mise en valeur de bons comportements alimentaires et d’hygiène de vie", indique le texte. En outre, les chaînes de télévision devront élaborer des programmes spécifiques sur l’alimentation et l’activité physique : recettes de cuisine, émissions sur le goût, mise en valeur des exercices physiques…

L’ensemble des diffusions, sur les chaînes "jeunesse", publiques et privées, devront représenter un volume total annuel entre 340 et 470 heures, précise l’accord. En outre, les annonceurs financeront "des programmes courts d’éducation adaptés au jeune public pour favoriser les bons comportements de vie, d’alimentation et d’activité physique".

"Ces propositions sont certes intéressantes, mais il faudra veiller à ce qu’elles soient pleinement en cohérence avec le Programme national nutrition santé. Elles ne devront pas non plus servir de prétexte à l’abandon du combat en faveur de l’interdiction de la publicité pour les aliments gras et sucrés", souligne Annabel Dunbavand.

Christophe de La Mure