Changements en vue pour les retraites

Une nouvelle négociation "houleuse" avec les syndicats semble se dessiner, annoncent Les Echos (page 3). Elle concerne la réforme des retraites, sur laquelle le gouvernement dévoile progressivement les principaux contours. Dans un entretien accordé samedi au Figaro (page 20), le Premier ministre expose quelques-unes de ses intentions. Ainsi, François Fillon n'envisage pas de "remise à plat complète" du système de retraite, même s'"il nous manquera 100 milliards par an à l'horizon 2050".

Pas de changement brutal a priori mais des mesures dont "aucune n'est taboue" : "Celle du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire dans la Fonction publique se pose évidemment", prévient-il. Selon Les Echos, "c'est la première fois que le gouvernement aborde précisément cette question ultrasensible".

Comme l'explique le quotidien économique, les retraites des fonctionnaires sont actuellement calculées sur la base de leur salaire des six derniers mois. Cette situation constitue un avantage par rapport au privé, où elles sont calculées sur la base des 25 meilleures années du salarié. Une remise en cause de ce dispositif est "une déclaration de guerre pour les syndicats de la Fonction publique, FO et CGT en tête", pressent le journal.

L'âge moyen effectif de départ à la retraite fixé à 60 ans depuis 1982 est également dans la ligne de mire du gouvernement. Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a laissé d'ailleurs entendre sur RTL que "sans aucun doute, il faudra toucher à ce curseur-là". Selon La Tribune (page 5), "un recul de l'âge légal" sera "probablement" opéré.

Dans son entretien au Figaro, François Fillon avance aussi la possibilité d'une augmentation des cotisations : "En 2003 avait été acté le principe d'une hausse des cotisations retraite compensée par la baisse des cotisations chômage, rappelle-t-il. La crise n'a pas permis de le faire fin 2008, mais la tendance démographique sur laquelle reposait cette” bascule” de­meure. L'idée est donc toujours d'actualité."

Le chef du gouvernement annonce également la possibilité de mobiliser plus tôt que prévu le Fonds de réserve des retraites. De la sorte, constatent Les Echos, les déficits pourraient être résorbés, "le temps que les réformes produisent leur effet".

Des fonctionnaires contraints à la mutation
Le décret mettant en œuvre "la réorientation professionnelle des agents dont l'emploi à vocation à être supprimé dans le cadre des réorganisations en cours" devrait être publié d'ici à quelques semaines. Selon Les Echos (page 3), ce texte permettra à l'Etat de placer un fonctionnaire en "mise en disponibilité" ou en "retraite d'office", s'il refuse successivement trois offres de mutation à des postes correspondant à son grade.

Un projet personnalisé d'évolution professionnelle leur sera toutefois proposé. Lorsqu'il sera en disponibilité, l'agent pourra être licencié s'il refuse à nouveau trois postes en vue de sa réintégration.

"Cette approche est très contestée par les syndicats, au même titre que de nombreuses autres mesures de la loi sur la mobilité, comme les possibilités accrues de recours à des contractuels et à des intérimaires", indiquent Les Echos. Les syndicats redoutent notamment que cette "boîte à outils" ne facilite les licenciements.
Frédéric Lavignette