Cardiologie : palmarès des hôpitaux et cliniques

L'Express (pages 66 à 84) publie cette semaine son palmarès des 240 meilleurs hôpitaux et cliniques spécialisés en cardiologie, dans lequel plusieurs établissements mutualistes figurent en bonne place. Parmi ces derniers, l'Institut mutualiste Montsouris (IMM), à Paris se hisse à la 19e place (sur 58) pour les pontages coronariens et à la 109e place (sur 208) pour l'angioplastie des coronaires par stent (petit ressort) ex aequo avec le groupe hospitalier mutualiste de Grenoble (Isère), qui se classe par ailleurs à la 111e place (sur 190) pour le traitement de l'infarctus.

Chaque année en France, 60.000 personnes sont hospitalisées pour un infarctus. Dans plus de trois quarts des cas, la crise frappe sans préavis : les malades n'avaient ressenti aucun symptôme particulier auparavant et n'avaient pas de maladie coronaire connue jusque-là. Et 95% d'entre eux survivent à cette attaque.

En effet, au cours de ces dernières décennies, la mortalité cardiovasculaire n'a cessé de baisser, souligne l'hebdomadaire (page 68). "Elle a été divisée par deux en quarante ans, notamment grâce aux progrès importants de l'angioplastie, une technique qui consiste à poser un stent au niveau du rétrécissement de l'artère, afin de maintenir les parois écartées". L'organisation plus efficace des secours et la gamme plus large des médicaments ont également été des facteurs de progrès. "Grâce à ces améliorations, les personnes à risque vivent aujourd'hui dans un cadre beaucoup plus sécurisé qu'avant", note L'Express. De plus, les équipes soignantes sont de plus en plus performantes.

Malgré ces progrès sensibles, près de deux personnes cardiaques sur dix feront un second infarctus dans l'année ! "Après un infarctus, les patients se disent : ouf ! j'ai eu chaud… Ils oublient qu'ils ont désormais une maladie chronique à soigner", observe le Pr Nicolas Danchin, cardiologue à l'Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP), à Paris. Car la crise cardiaque ne fait que révéler un mal silencieux, sous-jacent : l'arthérosclérose, c'est-à-dire l'accumulation de plaques graisseuses dans les artères.

Comment limiter le risque cardiaque ? "D'abord arrêter la cigarette, répond sans hésiter le Pr Danchin dans L'Express (page 84). […] Le tabagisme est toxique pour les artères, il abîme leur paroi interne. Celle-ci laisse ensuite passer plus facilement le cholestérol, qui y forme des plaques d'athérome." "Il faut aussi surveiller son poids, son alimentation, sa tension artérielle et rester actif", ajoute-t-il.

"Aujourd'hui, le cœur se soigne bien, avant le ”pépin cardiaque”, pendant l'accident ou quand il s'agit de retrouver une vie normale après l'alerte, résume Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express. A condition d'être bien informé, de savoir interpréter les signes avant-coureurs, d'estimer son risque et de sélectionner le bon établissement en fonction du problème identifié."

Sécu : la Cour des comptes vise les retraités
"La trajectoire de réduction des déficits marque le pas", estime le rapport annuel de la Cour des comptes sur l'application de la loi de financement de la Sécurité sociale, rendu public hier. Pour 2012, le déficit du régime général devrait être supérieur à celui prévu il y a un an : 14,7 milliards d'euros contre 13,8 milliards. "L'essentiel du chemin reste à faire pour parvenir à l'indispensable équilibre des comptes sociaux", a déclaré hier le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, cité dans Le Figaro-économie (page 18).

Limiter la hausse des dépenses d'assurance maladie à + 2,35% par an, mieux contrôler les arrêts de travail et surtout, réduire les avantages fiscaux et sociaux des quinze millions de retraités, tels sont les remèdes prescrits par la Cour des comptes, résument Les Echos sur leur site Internet (www.lesechos.fr).

Dans le domaine de la fiscalité, la Cour fait remarquer qu'en cumulant leur taux réduit de CSG, un abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu et diverses exonérations, les avantages des retraités représentent un manque à gagner de 12 milliards d'euros pour l'Etat et la Sécurité sociale, rapporte Libération (page 21). "Contrairement à une idée reçue, les retraités sont dans une situation financière plus favorable que les actifs", a souligné Didier Migaud.

Mais supprimer l'abattement fiscal de 10% sur les pensions et aligner le taux de contribution sociale généralisée (CSG) des pensions les plus élevées (6,6%) sur celui des salaires (7,5%), seraient des mesures "très impopulaires auprès d'une grande partie de l'électorat, ce qui explique que le gouvernement avance prudemment", jugent lesechos.fr.

A l'heure où le gouvernement s'apprête à réformer la protection sociale, la Cour des comptes avance d'autres pistes : une hausse globale de la CSG, un "partage accru de la TVA entre l'Etat et la Sécurité sociale" et un renforcement de la fiscalité environnementale. Selon ses magistrats, cette dernière option présenterait l'avantage d'être "moins défavorable au facteur travail que ne le sont les cotisations".
John Sutton