Canicule : Roselyne Bachelot est prête

La ministre de la Santé a dévoilé hier le plan canicule, destiné à éviter que ne se reproduise la catastrophe de 2003, lorsque 15.000 personnes, âgées pour l'essentiel, étaient mortes en raison d'une vague de chaleur exceptionnelle. Elle a indiqué ne pas avoir "d'inquiétude particu­lière" pour cet été. Roselyne Bachelot a rappelé que le premier niveau du plan canicule a été déclenché dès le 1er juin, avec une "veille biométéorologique" et des actions d'information sur la conduite à tenir, rapporte La Tribune (page 6).

En cas de nécessité, les directeurs d'hôpitaux pourront déclencher le "plan blanc", qui leur permet de rappeler leurs personnels médicaux ou infirmiers en congés. Face à une situation exception­nelle, le Premier ministre peut activer le niveau de "mobilisation maximale", "lorsque la canicule est aggravée par des effets collatéraux : rupture de l'alimentation électrique, pénurie d'eau potable, saturation des établissements de santé...". Ce niveau d'alerte entraîne notamment le rappel de tous les personnels sur l'ensemble de la France.

En 2010, "il y aura plus de lits ouverts qu'en 2009" dans les hôpitaux, un "niveau inégalé", selon la ministre de la Santé. 95% des lits seront ouverts en juillet en moyenne et 90% en août, contre respectivement 93% et 87% l'an dernier. Mais il y aura des disparités régionales : 88% de lits ouverts en Ile-de-France, contre 98% en Paca, entre le 1er juillet et le 15 septembre.

Mais, la nouveauté cette année sera l'entrée en action des Agences régionales de santé (ARS), créées le 1er avril, souligne La Tribune. En effet, les ARS sont désormais responsables de la continuité et de la permanence des soins, a rappelé Roselyne Bachelot. Leurs directeurs devront en particulier s'assurer que suffisamment de cabinets médicaux restent ouverts cet été. "Or, curieusement, Roselyne Bachelot a retiré aux ARS un instrument de régulation de l'offre de soins : l'obligation pour les médecins libéraux de déclarer leurs périodes de congés", souligne malicieusement Patrick Coquidé, de La Tribune. "Mais, depuis les élections régionales de mars, l'Elysée a sommé Roselyne Bachelot de traiter le corps médical – électorat traditionnel de l'UMP – avec plus d'égards", commente le journaliste. Autre "inquiétude du gouvernement" : que les directeurs d'hôpitaux et les syndicats hospitaliers réclament des moyens financiers supplémentaires pour pouvoir maintenir 90% des lits ouverts.

Raoul Briet élu à la tête de l'AP-HP
"Jean-Marie Le Guen, évincé de la présidence des Hôpitaux de Paris", titre La Croix (page 9) pour annoncer l'arrivée du haut fonctionnaire Raoul Briet, élu à la présidence du conseil de surveillance de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. "La bataille s'annonçait serrée, elle l'est restée jusqu'au bout", remarque le quotidien catholique, à propos du résultat final : 8 voix contre 7. "Raoul Briet est un bon connaisseur des questions sanitaires", selon La Croix, qui souligne qu'"il sera en première ligne" pour accompagner le vaste mouvement de regroupement et de restructuration de l'AP-HP. Le carnet des Echos (page 12) rappelle que Raoul Briet est président du comité de la protection so­ciale de l'Union européenne et du conseil de surveillance du Fonds de réserve pour les retraites. Il est également membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS) et a récemment mené la mission chargée de contenir les dépenses d'assurance maladie, confiée par Nicolas Sarkozy.

Président sortant du conseil d'administration, Jean-Marie Le Guen espérait bien être reconduit dans ses fonctions. Dans un entretien au Journal de Paris (page II), supplément régional du Parisien, il refuse de s'avouer vaincu. "La composition du conseil de surveillance a été savamment calculée pour que le gouvernement puisse imposer sa majorité à l'AP-HP", affirme-t-il. Le conseil de surveillance est une nouvelle instance mise en place par la loi HPST, votée l'an dernier. Il a remplacé le conseil d'administration qui, jusque-là était présidé automatiquement par le maire de la ville. "Parfois cela pouvait freiner certaines restructurations. Pour certains maires, en effet, il n'est pas question qu'on touche à l'hôpital, qui est souvent le premier employeur de la ville", confie un expert à La Croix.
John Sutton