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Cancers professionnels : le magazine « Santé et Travail » lance un appel à la mobilisation

Le site Internet du magazine "Santé et Travail" a mis en ligne un appel à la mobilisation pour "une prévention plus offensive" des cancers professionnels. Le dossier central de son numéro de janvier est consacré à ces pathologies. Pour ce trimestriel édité par une union de groupe mutualiste, "des pistes essentielles restent à explorer".

La mobilisation devra être à la hauteur du risque. En matière de cancers professionnels, les chiffres font frémir. Dans les secteurs de la réparation automobile, de la métallurgie, de l’industrie du bois et de la construction, au moins 35% des salariés sont exposés à des produits cancérigènes. Les ouvriers sont particulièrement concernés, puisque cette catégorie constitue à elle seule 70% des personnes confrontées à ce risque. Dernier chiffre : 3% à 6% des cancers seraient d’origine professionnelle.

C’est pourquoi "Santé et Travail" appelle, dans son numéro daté de janvier 2009, à une "mobilisation générale" en faveur d’une "prévention offensive" contre ces pathologies contractées du fait du travail. Pour le magazine, "des pistes essentielles restent à explorer". Edité par une union de groupe mutualiste, ce trimestriel appelle ses lecteurs à signer son appel mis en ligne sur le site www.sante-et-travail.fr.

Bien sûr, des moyens de prévention sont déjà en place. La législation française en faveur de la maîtrise du risque a évolué sous l’impulsion de directives européennes et à la suite de la catastrophe de l’amiante. Malgré ces avancées, l’Inspection du travail a néanmoins montré que "parmi les établissements qui continuent à utiliser des agents cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), 40% seulement ont procédé à une évaluation des risques". Très alarmant : elle a aussi découvert que 76% des chantiers de désamiantage qu’elle a contrôlés étaient en infraction.

Garder la trace des expositions
Dans un rapport récent sur "la traçabilité des expositions professionnelles", l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) propose un ensemble de mesures. L’une d’elles consiste à utiliser un document qui permettrait de garder une trace des expositions à des produits cancérigènes. Il donnerait la possibilité de "mesurer l’évolution des expositions dans l’entreprise et de prendre les mesures correctives de prévention". En outre, la liste des travailleurs exposés devrait aussi contribuer à la mise en place d’un suivi individuel tout au long de la vie. L’Igas propose que les entreprises soient contraintes de fournir chaque année cette déclaration aux caisses régionales d’assurance maladie (Cram).

Autre solution préconisée dans ce numéro : supprimer les produits incriminés et les remplacer. Cette voie est plus difficile à mettre en œuvre qu’il n’y paraît, car elle implique de lancer des recherches, de réaliser des tests, tout en veillant à ne pas alourdir les coûts de fabrication. Cette démarche "peut être complexe pour les petites structures" qui ont "généralement besoin d’une aide pour la reformulation d’un produit", cite le magazine "Santé et Travail".

Pour le moment, les équipements de protection individuelle constituent la principale mesure de prévention mise en œuvre. Mais, à l’usage, ces derniers peuvent se révéler inappropriés. En effet, sur le terrain, masques, combinaisons, gants peuvent gêner la réalisation du travail ou être inconfortables. Ils ne sont alors pas utilisés. Pour éviter ces effets pervers, "une analyse de l’activité réelle de travail est indispensable", défend "Santé et Travail". D'autres pistes sont également à l'étude : l'implication des salariés dans la prévention des cancers professionnels, la mise en place de cellules scientifiques pour accompagner les victimes et les aider à faire valoir leurs droits.

Milène Leroy