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Cancer du poumon : les femmes rattrapent les hommes

Le ministère de la Santé et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) ont lancé hier, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, une nouvelle campagne pour faire connaître les risques du tabagisme, notamment chez les femmes. La mortalité par cancer du poumon chez celles-ci augmente depuis 1980, jusqu'à atteindre 12,8 sur 100.000 dans les années 2000 à 2007, note Catherine Hill, épidémiologiste à l'Institut Gustave-Roussy dans le dernier Bulletin de l'InVs, publié hier.

"L'épidémie liée au tabagisme n'a pas encore atteint son point culminant chez les femmes en France", prévient dans Le Monde (page 24), Anne-Laurence Le Faou, maître de conférence à Paris V. "Il existe un décalage d'environ trente ans entre le moment où le tabagisme commence à se répandre et le moment où les conséquences pour la santé se font sentir", ajoute-elle, avant de présager que "le cancer du poumon sera sans doute la première cause de décès chez les femmes dans les années à venir". "Si aujourd'hui, 9 morts sur 10 liés au tabac concernent des hommes, il devrait y avoir une parité hommes-femmes dans 20 ou 30 ans", confie au Monde le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à La Pitié-Salpêtrière et président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT).

Depuis les années 1970, les cigarettiers ont fait des femmes leur cible privilégiée. L'industrie du tabac a créé "un conditionnement entre cigarette et minceur, cigarette et sex-symbol, cigarette et émancipation", explique dans L'Humanité (page 15) Karine Gallopel-Morvan, chercheure en marketing social à l'université Rennes 1. "La presse féminine, le cinéma aussi ont servi de caisse de résonance. Le paquet de cigarettes devient accessoire de mode", poursuit-elle. L'affiche de la Journée mondiale sans tabac met en scène une main présentant un paquet de cigarettes habillé d'une pomme, symbole de la tentation, illustrant le slogan : "Même bien habillée, la cigarette reste un poison".

Remous autour du bus santé
Le bus santé expérimenté en Picardie, qui vise à pallier la désertification médi­cale en milieu rural, est confronté à l'opposition du conseil de l'Ordre des médecins de l'Oise, pour qui il s'agit de "médecine fo­raine", souligne l'hebdomadaire Marianne n° 684 (page 47). "C'est interdit, sauf si une autorisation est demandée au Conseil de l'Ordre. Or ça n'a pas été fait", déclare le Dr Philippe Véron, président de l'Ordre de l'Oise, qui a fait arrêter le Bus santé, pourtant passé sans encombre dans les départements voisins de l'Aisne et de la Somme. "La demande en bonne et due forme aurait-elle obtenu le feu vert du sourcilleux conseil de l'Ordre ? Rien n'est moins sûr", estime Marianne. La Mutualité Française, à l'origine de cette expérimentation, voit dans cette réaction la manifestation d'un "conservatisme sans borne". "Il y a un déficit de médecins en zones rurales. Des personnes âgées avec peu de moyens ne peuvent pas accéder à un médecin", observe Jean-Pierre Davant, dans les colonnes de l'hebdomadaire. "Notre vocation n'est pas d'installer des bus dans toutes les zones déshéritées, explique le président de la Mutualité. Nous voulons simplement faire la démonstration que des solutions sont possibles pour lutter contre les déserts médicaux." Un reportage sur le bus santé sera diffusé le 2 juin à 10 heures, sur France 2, dans l'émission "C'est au programme".
John Sutton