CMU : la réalité des refus de soins

C'est la confirmation que les bénéficiaires de la CMU rencontrent de réelles difficultés pour être soigné. Les résultats d'une enquête commandée par le Fonds de financement de la CMU à l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) témoignent, en effet, d'une banalisation du refus de soin de la part de certains médecins.

Rendues publiques aujourd'hui, les conclusions de l'Irdes sont sans appel, notent Les Echos (page 2). Les enquêteurs ont procédé par "testing" auprès de médecins parisiens, explique le quotidien. Des acteurs ont appelé plusieurs centaines de praticiens, en se faisant passer pour des bénéficiaires de la CMU. Sur 861 réponses analysées, 25,5% des praticiens testés ont refusé ces "patients".

Dans le détail, la palme des refus revient aux gynécologues, qui sont 38% à s'opposer à les recevoir dans leur cabinet. Les généralistes du secteur 2 adoptent le même comportement pour 33% d'entre eux. Viennent ensuite les dentistes (32%), puis les ophtalmologues (28%). En revanche, les généralistes du secteur 1 sont beaucoup moins nombreux ( 9, 2%) a refuser les CMUIstes.

La motivation économique semble être l'explication principale de ces refus. "Les médecins de secteur 2 n'ont pas le droit d'appliquer des dépassements d'honoraires pour les bénéficiaires de la CMU et les dentistes se voient appliquer un forfait plafonné pour les prothèses", soulignent Les Echos. D'autres explications sont avancées, comme la difficulté de remboursements que rencontre certains médecins, notamment ceux qui ne détiennent l'équipement nécessaire à la lecture de la carte Vitale.

Les médecins qui acceptent les bénéficiaires de la CMU ne le font pas tous de bonne grâce. Certains se plaisent en effet à faire sentir le caractère exceptionnel de leur accueil, tandis que d'autres imposent des "conditions spécifiques" à la consultation. Selon cette enquête, beaucoup de rendez-vous sont fixés certains jours et dans des tranches horaires peu pratiques...

Les pistes d'économies de la Cnam
La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) présentera jeudi à son conseil plusieurs pistes d'économies. Comme l'indiquent Les Echos (page 4), la Cnam estime que les dépenses devraient augmenter de +3,7% en volume sur la période 2009-2012, alors que le gouvernement souhaite limiter à 3% le taux d'évolution en 2010.

De faible ampleur, les pistes de la Cnam visent particulièrement les indemnités journalières (IJ) qui ont augmenté de 7,7% de janvier à mai 2009, indique La Tribune (page 4). La Cnam propose de mener des actions auprès des employeurs "pour les informer de taux éventuellement atypiques d'arrêt de travail dans leur secteur d'activité et envisager en concertation avec les différents acteurs de l'entreprise un plan d'actions".

Elle souhaite aussi mener des actions sur les soins des kinés, intervenir sur les transports des malades ou "encourager les dialyses à domicile". Ces derniers actes coûtent un tiers moins cher, ce qui pourraient représenter à terme 100 millions d'euros.

Frédéric Lavignette