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Budget : un tour de vis aux dépenses sociales

Dans un climat politique sous tension en raison de l'affaire Woerth-Bettencourt, le ministre du Budget a présenté hier à l'Assemblée nationale son plan de redressement des finances publiques pour la période 2011-2013. L'objectif est de ramener le déficit public à 6%.
"D'un ton solennel, parfois grave", rapporte Libération (page 13) François Baroin "a placé la barre haut" en dévoilant ses orientations qu'il a refusé d'associer au terme "rigueur". Refusant d'augmenter les impôts pour ne pas nuire à la reprise, le ministre a décidé de "faire un vrai effort sur la dépense publique", indique Le Figaro (page 18).
Le but est de réaliser une économie de 100 milliards d'euros en trois ans. Pour cela, d'ici à 2013, François Baroin programme de réduire le budget de la moitié des ministères, notamment en diminuant les effectifs de certains d'entre eux. Mais l'exécutif s'est également "décidé à donner un tour de vis à certaines dépenses sociales", ajoute le quotidien.
D'après Le Monde (page 13), "les seules dépenses d'intervention de l'Etat seront amputées de quatre milliards d'euros". Ainsi, le nombre d'emplois aidés devrait baisser de 400.000 à 340.000 l'an prochain, tout comme les subventions qui leur sont associées.
Dans le même mouvement, le gouvernement a décidé de toucher aux aides consenties à l'emploi à domicile, note La Tribune (page 5). "Si l'avantage fiscal est maintenu, l'abattement de 15 points sur les exonérations sociales, proposé aux ménages qui déclaraient leur salarié aux frais réels, est en revanche supprimé." Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 9), cette réduction d'avantages pour les particuliers employeurs devrait permettre une économie de 300 millions d'euros.
L'allocation adulte handicapé (AAH) sera également victime de la rigueur. Cette aide, que perçoivent 850.000 bénéficiaires, sera augmentée en six ans, au lieu des cinq années envisagées. Alors qu'une hausse de 4,5% était prévue l'an prochain, le gouvernement a finalement décidé de la fixer à 3%.
La politique du logement devrait également être atteinte, avec une amputation de plus d'un milliard d'euros. Ainsi, comme le rapporte Le Monde, "la possibilité donnée aux étudiants et à leurs parents de cumuler l'aide personnalisée au logement et la demi-part fiscale pour enfant à charge sera, par exemple, supprimée".
Selon Le Figaro, "le gouvernement ne compte pas s'arrêter là". En effet, François Baroin a rappelé hier qu'il voulait réduire les niches fiscales et sociales de 8,5 à 10 milliards entre 2011 et 2012. Pour l'opposition, relèvent Les Echos (page 3), sans hausse d'impôts, les comptes publics ne pourront pas être redressés. Pour les socialistes, les mesures présentées par François Baroin sont "la preuve qu'il n'y a pas de changement politique".
Au secours du secourisme
"Nous suggérons la mise en place d'une structure forte, dotée d'une mission de suivi numérique et de qualité, de recherche théorique et pédagogique capable d'assurer le support et la promotion du secourisme en France." Dans Le Figaro (page 9), le Dr Henri Julien, de l'Académie nationale de médecine, fait ainsi part de son désir de promouvoir davantage les gestes qui sauvent auprès des Français.
Dans son rapport baptisé "Secourisme en France, bilan et perspective", qu'elle vient de remettre à François Fillon, l'Académie de médecine formule quel­ques propositions. L'une d'elle apparaît comme "audacieuse" : "Permettre aux secouristes professionnels, en l'absence d'un médecin, de pouvoir utiliser quelques médicaments ou des matériels de secours dont l'usage leur est aujourd'hui interdit."
Frédéric Lavignette