Budget de la « Sécu » : déficit interdit

Le budget de la Sécurité sociale ne pourra plus être présenté, ni adopté, en déficit. C’est l’objectif d’un amendement à la réforme constitutionnelle déposé par des parlementaires de la majorité et soutenu par le gouvernement, annoncent Les Echos (pages 1 et 2). Cet engagement s’inscrit dans le retour de la France à l’équilibre budgétaire, souhaité par Bruxelles.

"De 1946 à 1993, les comptes sociaux étaient équilibrés. Nous devons rétablir ce principe incontournable" dès 2011, estime Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale. "Notre objectif reste inchangé : nous voulons atteindre l’équilibre des finances publiques en 2012. Et dès 2009, nous nous sommes fixé un objectif absolu : un déficit limité à 2% du PIB", a déclaré hier le Premier ministre, à l’issue d’un séminaire gouvernemental, précise Le Figaro (page 3). "Nous allons continuer sur cette voie en faisant du deuxième semestre 2008 celui des réformes de structure, seul moyen d’atteindre notre objectif d’équilibre, parce qu’il permettra de maintenir la dynamique de l’économie française et en même temps de réduire le poids de la dette publique", a expliqué François Fillon.

Pour ce faire, le chef du gouvernement a détaillé les mesures à prendre : mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, loi "pour élargir les conditions d’accès à l’intéressement et à la participation" des salariés, lois sur le logement et sur Internet, etc. Dans le même "paquet" visant à réduire la dépense publique, il a glissé la loi sur le revenu de solidarité active (RSA), pour lequel une enveloppe de 1 à 1,5 milliard d’euros doit être débloquée.

Retraites : un test pour le gouvernement
La semaine sociale sera dominée par la journée d’action et de manifestations contre le projet d’allongement à 41 ans de la durée de cotisation des retraites, d’ici à 2012. Elle aura lieu jeudi prochain. Dans un entretien au Journal du dimanche (page 4), Xavier Bertrand, ministre du Travail, rappelle la position du gouvernement. "Pour garantir notre système de retraites, on ne sait pas faire autrement que de passer à 41 ans" de cotisation.

Pour les syndicats, cette mesure est injustifiée au regard de l’état actuel de l’emploi des seniors. En effet, seulement 38,3% des 55-64 ans travaillent en France, contre 44,7% dans l’ensemble de l’Union européenne. Les syndicats jugent également insuffisantes les incitations prévues pour développer l’emploi des seniors. Jeudi, c’est dans les transports que les perturbations s’annoncent les plus fortes, notamment à la SNCF où les huit syndicats appellent à la grève. Pour Le Figaro-économie (page 20), cette journée sera l’occasion de tester l’efficacité du service garanti, mis en place depuis le 1er janvier par le gouvernement.

John Sutton