Bruxelles accorde à la France un délai de deux ans pour assainir son budget

"Pour permettre à Paris d'assainir ses finances publiques sans entraver ses chances de reprise économique", Bruxelles lui a accordé un sursis jusqu'en 2015. Comme le rapporte Le Monde Eco & entreprise de samedi (page 3), le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a en effet prolongé de deux ans le délai consenti à la France pour ramener son déficit en dessous du seuil des 3% du produit intérieur brut (PIB).

Il y a encore deux mois, rappelle Les Echos (page 2), Bruxelles réclamait à la France de revenir en dessous des 3% en 2014, mais "compte tenu de l'ensablement durable de l'économie européenne et hexagonale, il était illusoire de s'accrocher au totem de 2014, au risque de compliquer encore la reprise".

Il faut dire, remarque Le Parisien/Au­jourd'hui (page 4), que notre pays traverse depuis deux ans une "grande dé­prime de l'économie". Même si le gou­vernement s'est voulu optimiste en tablant sur une croissance positive à +0,1% pour bâtir son budget, tout laisse croire que 2013 sera encore une année "à croissance nulle".
Avec un niveau record du nombre de demandeurs d'emploi (3,22 millions de chômeurs inactifs), une consommation à la baisse (–0,4%), des impôts à la hausse et un déficit estimé à –3,9% du PIB par Bruxelles, le terme de "récession" a même été évoqué par le Fonds moné­taire international (FMI) et le Haut Conseil des finances publiques.

Evidemment, ajoutent Les Echos, l'octroi de ce délai de deux ans est assorti d'une contrepartie : "Il faut que la France dévoile rapidement des mesures précises de réformes structurelles." Reste à savoir lesquelles. Pour certains économistes, rapporte Le Monde (samedi), "l'austérité reste la seule option" pour redresser la barre.
Le ministre de l'Economie pense au contraire que ce prolongement de deux ans marque "la fin du dogme de l'austérité en Europe". Interrogé hier sur Europe 1, Pierre Moscovici estime même que "l'austérité, c'est fini ; le sérieux ça continue", rapporte Le ­Parisien/Au­jourd'hui. De son côté, Philippe Askenazy, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), interroge dans Le Monde de samedi : "Le 1er janvier, les Français verront une hausse de la TVA, si ce n'est pas l'austérité, quel est le mot ?"

Les spécialistes dans le cœur des Français
Pour la troisième année consécutive, le Groupe Pasteur Mutualité a interrogé les Français sur la confiance qu'ils ac­cordent aux professionnels de santé. Au vu des résultats que publie Le Parisien/Aujour­d'hui (page 7), les spécialistes semblent tirer leur épingle du jeu.

Pour 93,3% des personnes interrogées, soit 2 points de plus que lors du précédent sondage, il apparaît en effet que "du haut de leur expertise, les spécialistes (dermatos, ophtalmos, etc.) restent les préférés des Français". Toutefois, note le quotidien, les personnes sondées déplorent leurs "délais d'attente pour un rendez-vous" et leurs "honoraires plutôt élevés".

Autre profession favorisée : les pharmaciens, notamment parce qu'ils sont à l'écoute, l'une des qualités les plus attendues chez un professionnel de santé, tout comme l'expérience. Près de 94% des Français les apprécient en particulier pour cette disponibilité.

Si en matière d'expérience et de confiance les généralistes gagnent quatre points par rapport au précédent observatoire, "leur manque de disponibilité" est déploré par trois personnes sur quatre. Chez les chirurgiens-dentistes, la progression est de deux points : on reconnaît leur qualité d'experts, mais on regrette leurs tarifs trop élevés.

La surprise de cette enquête est que les médecins hospitaliers sont assez peu populaires. En effet, un Français sur cinq ne leur fait pas ou peu confiance. Une réticence que l'on trouve aussi, mais dans une moindre mesure, à l'égard des sages-femmes à qui 80,7% des sondés accordent leur confiance. Une perception mitigée qui, suggère Le Parisien, pourrait être la conséquence d'une "dégradation des conditions de travail à l'hôpital".

Frédéric Lavignette