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Brice Hortefeux aux affaires sociales

La révolution ministérielle n'est pas pour cette fois. C'est le sentiment de la plupart des journaux, après les changements de postes ministériels annoncés hier par l'Elysée. Ainsi, selon La Croix (page 4), "le grand remaniement annoncé a été reporté à des jours meilleurs". Pour l'heure, Nicolas Sarkozy s'est contenté d'"un jeu de chaises musicales destiné pour l'essentiel à tirer les conséquences du départ du ministre du Travail, Xavier Bertrand, du gouvernement".

Comme l'indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), ce dernier va prendre le contrôle de l'UMP afin de "mettre le parti en marche pour la présidentielle". Pour Libération (page 8), ce départ est regrettable car, estime ce quotidien, "Xavier Bertrand avait de l'avis général le profil du poste" et que ses "capacités de travail et d'écoute" ont évité le développement de certains conflits.

Pour le remplacer, le chef de l'Etat a nommé Brice Hortefeux. Avec cette désignation, le président de la République opte pour "la sécurité" et la confiance, indiquent Les Echos (page 2). Car depuis 32 ans, l'ancien ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale est aussi le "meilleur ami du président". Sera-t-il pour autant l'homme de la situation ? D'ordinaire, note Libération, "la rue de Grenelle (...) est en principe un lieu où l'on place des politiques ayant un minimum de fibre sociale, qu'ils soient de droite ou de gauche. De ceux qui connaissent les codes du monde syndical et patronal, et traitent avec respect le monde associatif." Pour prévenir toute inquiétude, relève Le Parisien/Aujourd'hui, Brice Hortefeux, un peu "anxieux", "a appelé tous les leaders syndicaux hier après midi". "Je crois beaucoup aux symboles de début", a-t-il notamment déclaré.

Au programme des mois à venir, soulignent Les Echos, le nouveau ministre du Travail devra "donner des gages de sa capacité à négocier avec des syndicats, notamment la CFDT, qui n'ont pas pardonné à Xavier Bertrand de n'avoir pas respecté l'accord conclu entre partenaires sociaux sur le temps de travail". Les syndicats apprécieront ses aptitudes le 29 janvier, lors de la mobilisation interprofessionnelle qui sera, somme toute, "son baptême du feu".

Brice Hortefeux ne sera cependant pas seul à devoir négocier avec les partenaires sociaux, indique Le Figaro (page 3), puisqu'il "n'aura pas deux mais trois secrétaires d'Etat à ses côtés" : Nadine Morano à la Famille, Valérie Létard à la Solidarité et Fadela Amara à la Ville. Ce dernier portefeuille vient en effet d'être retiré à la ministre du Logement, Christine Boutin.

Médecins : ultimes négociations
Afin de remédier à la pénurie de médecins dans certaines zones et limiter les dépassements d'honoraires (2 milliards d'euros par an), syndicats de médecins et assurance maladie poursuivent leurs négociations. Pour cette dernière ligne droite, estiment Les Echos (page 5), "les partenaires avancent sous la menace". En effet, "si la négociation conventionnelle n'aboutit pas à un accord, c'est le Parlement qui prendra les mesures", promet le ministère de la Santé.

L'Etat a pour objectif d'inciter les médecins à exercer "régulièrement, une partie de leur temps", dans les zones sous-peuplées médicalement. En cas de refus des praticiens, y compris ceux qui sont déjà installés, des pénalités financières sont alors envisagées. La CSMF et le SML s'opposent à cette sanction.

D'autres désaccords se manifestent, notamment au sujet des dépassements d'honoraires. "Les médecins redoutent des mesures qui contraindraient les professionnels du secteur 2, à honoraires libres, à rejoindre le futur secteur optionnel, où les tarifs sont plafonnés", soulignent Les Echos.

Frédéric Lavignette