Branche maladie de la « Sécu » : dérapage des dépenses

La Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) a publié hier les résultats de l’année 2007. Même si le déficit s’est encore creusé l’an passé, il est "un peu moins abyssal que prévu", souligne La Croix (page 11). Le "trou" du régime général s’élève à 9,5 milliards d’euros, contre -8,7 milliards en 2006. "Pas de quoi sabrer le champagne", poursuit le quotidien, mais "par rapport au déficit de 11,7 milliards qui avait été annoncé, l’honneur est sauf".

Pour Les Echos (page 2), "cette amélioration toute relative" s’explique par une amélioration des recettes. Selon la CCSS, la "Sécu" a bénéficié de la baisse du chômage, ce qui a permis d’augmenter la masse salariale, par conséquent les cotisations. De plus, une plus-value de la CSG sur les patrimoines a contribué à dynamiser les recettes. Près d’un milliard d’euros ont été encaissés grâce à cette plus-value assise sur les revenus du patrimoine et de placement.

Pour la maladie, le déficit est passé de -5,9 milliards en 2006 à -4,6 milliards en 2007, relève La Tribune (page 27). Si cette branche "remonte la pente", elle le doit également "à des recettes en hausse". Car, côté dépenses, le tableau est plus sombre. Celles-ci "sont reparties à la hausse en 2007, à +4,2%, après quatre années de décélération continue".

Comme l’expliquent Les Echos, cette reprise est due à la hausse des dépenses des soins de ville. "Comme l’objectif qu’avait fixé le gouvernement Villepin était intenable, le dépassement de l’enveloppe votée par le Parlement aura finalement atteint 3 milliards d’euros, pour 147,8 milliards de dépenses." Ce dérapage est surtout dû à une "forte augmentation des arrêts de travail et des dépenses de médicaments", précise La Tribune.

Pour 2008, la Commission des comptes de la "Sécu" prévoit, pour l’assurance maladie, un déficit en recul (-4,3 milliards d’euros). Une tendance que devrait également connaître la branche famille si elle parvient à maintenir son cap. Comme le rapporte Le Figaro (page 20), cette branche est en effet repassée dans le vert (+0,2 milliard, contre -0,9 milliard en 2006), grâce à un "net ralentissement" des dépenses. De son côté, la "vieillesse" a atteint en 2007 un déficit de 4,6 milliards d’euros, contre -1,9 en 2006. Pour Le Figaro, le départ des baby-boomers à la retraite, mais aussi le succès de la retraite anticipée expliquent ce résultat.

Surirradiés d’Epinal : premier bilan
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, s’est rendue hier à Epinal (Vosges) pour rencontrer certaines victimes de surradiations. Son but : dresser "le premier bilan officiel mais non définitif" de la catastrophe qui a frappé 5.500 personnes entre 1987 et 2006. Au cours de cette période, 7.500 patients ont été traités au service de radiothérapie de l’hôpital Jean-Monet, à Epinal, rappelle Le Figaro (page 10). A la suite d’une série de dysfonctionnements, beaucoup d’entre eux ont subi des surradiations.

Après enquête, il apparaît que "parmi les cas recensés et étudiés, 24 ont été très fortement irradiés lors d’un traitement d’un cancer de la prostate entre mai 2004 et août 2005". Cinq personnes sont décédées des suites de surdoses. Pour 700 autres patients, les surexpositions aux radiations ont été supérieures à 7%. Pour 4.500 malades, la surdose de ces rayons se situe entre 3,5% et 5,5%.

Médicament : la pub Leclerc condamnée
Michel-Edouard Leclerc devra retirer ses publicités sur les médicaments non remboursés. Ainsi en a décidé le tribunal de grande instance de Colmar (Haut-Rhin). Comme le rappelle Le Figaro (page 23), "le groupement Univers Pharmacie, qui avait attaqué le distributeur pour publicité mensongère sur le prix des médicaments et dénigrement à l’égard de la profession, a obtenu gain de cause".

Depuis le changement de législation qui autorise les pharmaciens à vendre en libre accès des médicaments non remboursés, Leclerc avait engagé une campagne publicitaire en faveur de la vente de ces médicaments en grande surface, rappelle Le Parisien/Aujourd’hui (page 9). Il promettait des tarifs 25% moins chers et associait les médicaments à un produit de luxe lorsqu’ils étaient vendus en officine.

Le tribunal de Colmar a estimé que cette pub "représente une pratique déloyale à l’égard du consommateur et du pharmacien", note Le Figaro. Le groupe Leclerc a décidé de faire appel.

Frédéric Lavignette